L’ère « Topolánek » à la tête de l’ODS est finie

01-04-2010

Donnant suite à la demande d’une grande partie de ses confrères, l’ex-premier ministre Mirek Topolánek, 53 ans, va abandonner sa fonction de président du Parti civique démocrate (ODS), principale formation de droite du pays, à la tête duquel il se trouvait depuis 2002.

Mirek Topolánek, photo: CTKMirek Topolánek, photo: CTK A partir du lundi 12 avril, le parti sera dirigé de façon informelle et jusqu’à la convocation du prochain congrès du parti, par un de ses vice-présidents, Petr Nečas. La décision a été annoncée ce jeudi matin lors d’une conférence de presse qui a eu lieu à l’issue d’une réunion de la direction de l’ODS et au cours de laquelle Mirek Topolánek a refusé de répondre aux questions de journalistes. Il a été laconique :

«Je considère qu’il s’agit là d’une solution très correcte, qui donne des compétences claires à Petr Nečas en tant que chef du parti et en tant que leader électoral. De ce point de vue, il jouit de mon plein soutien et j’invite tous mes sympathisants potentiels à le soutenir et à donner aux élections leurs voix à l’ODS ».

Petr Nečas, photo: CTKPetr Nečas, photo: CTK Le départ de Mirek Topolánek n’est pas une surprise. Il semblait prévisible depuis que son parti avait décidé de le remplacer au poste de leader de la campagne électorale par Petr Nečas. Cette récente décision, rappelons-le, a été une réaction à certains propos très mal placés prononcés par M. Topolánek sur l’Eglise, sur les origines juives du premier ministre Jan Fischer ou encore sur les homosexuels. Aux yeux du parti qui se veut « conservateur », ces déclarations « indiscrètes » qui ont fait coulé beaucoup d’encre, risquaient de léser encore davantage l’image l’ODS, ceci dans une situation où ses intentions de vote sont nettement inférieures par rapport à celles de son rival numéro un, le Parti social-démocrate (CSSD).

Mirek Topolánek, photo: CTKMirek Topolánek, photo: CTK Nul ne doute que faire tomber la tête du leader d’un parti à moins de deux mois des élections législatives se présente comme un grand risque. Beaucoup de représentants de l’ODS, dont on ne citera que le président du Sénat Přemysl Sobotka, estiment cependant que le départ de Mirek Topolánek, tout en constituant une démarche radicale, pourra considérablement renforcer la cote du parti et ses chances de sortir vainqueur des prochaines législatives, en mai prochain.

Le premier grand duel électoral entre le chef de file du CSSD, Jiří Paroubek, et le nouveau chef de l’ODS Petr Nečas, qui sera retransmis le 11 avril prochain par la télévision privée Prima, sera suivi avec beaucoup d’attention.

01-04-2010