Le Rudolfinum de Prague, haut lieu de la culture

05-02-2010

Il y a 125 ans ouvrait le Rudolfinum de Prague, grand édifice néo-Renaissance qui abritait entre autre une salle de concert et un musée. C’est dans ce vaste ensemble situé sur le quai de la Vltava que devait s’installer un peu plus tard l’Orchestre philharmonique tchèque, la meilleure formation en son genre dans le pays.

La première pierre du Rudolfinum est posée dès 1876. Les travaux de construction durent cinq ans mais il faudra encore quatre ans pour l’achèvement de la décoration de l’édifice dont le style pur et noble est l’œuvre des architectes Josef Zítek et Josef Schulz. C’est Rodolphe, le prince héritier d’Autriche-Hongrie, qui rehausse par sa présence l’éclat de la cérémonie d’inauguration et c’est lui qui donnera aussi son nom à ce temple de la culture. Selon l’archiviste Prokop Tomka les documents sur ces événements se trouvent aujourd’hui dans les archives au sous-sol de l’édifice:

«Nous avons dans les archives un étui cylindrique qui contient le document sur la fondation du Rudolfinum, il y a 125 ans. (…) Parmi les curiosités il y a aussi le programme du concert du 4 janvier 1896, donc le programme du premier concert historique qui a été dirigé par Antonín Dvořák avec une analyse du répertoire du concert par Jan Bedřich Kittel, compositeur et directeur du Conservatoire de Prague. Et il y a aussi un autre objet précieux, la partition d’une symphonie d’Antonín Dvořák publiée en 1892 aux Etats-Unis et signée par le compositeur.»

Pendant les 125 ans de son existence le Rudolfinum abritera deux salles de concert et les collections du Musée des Arts et Métiers mais aussi le Conservatoire de Prague et, dans les années 1920 et 1930, même le Parlement de la République tchécoslovaque. Aujourd’hui le Rudolfinum se retourne vers son passé lié surtout avec l’existence de la Philharmonie tchèque. L’archiviste Prokop Tomka précise:

«Nous poursuivons la numérisation des archives. Il s’agit des concerts qui ont eu lieu depuis 1896 jusqu’à nos jours, des partitions, des CD de la Philharmonie tchèque. Il y a aussi des disques vinyles avec des enregistrements de cet orchestre. Et bien sûr nous sommes en train de répertorier et de traiter tout cela.»

La grande salle du Rudolfinum dont le plafond est porté par d’élégantes colonnes disposées en hémicycle, est considérée par d’aucuns comme la plus belle salle de concert du monde. Sa capacité n’étant que de 1 023 places, les grandes productions symphoniques y sont un peu à l’étroit. Voilà pourquoi, depuis les années 1960, plusieurs initiatives ont été lancées pour la construction d’une nouvelle salle de concert à Prague mais tous ces projets ont finalement avorté.

Tout récemment le directeur du département de la culture de la municipalité de Prague, Jan Kněžínek, a encore annoncé que la ville se mettait à la recherche d’un endroit pour la construction d’une nouvelle salle. D’après le chef de l’Orchestre symphonique national tchèque, Jan Hasenöhrl, l’édifice pourrait être construit sur l’île de Štvanice au milieu de la Vltava. Et Jan Hasenöhrl promet de relancer le projet en septembre prochain, parce que, comme, il dit, personne n’a envie de s’y engager avant les prochaines législatives qui auront lieu au mois de mai.

05-02-2010