Le retour aux sources des chevaux de Przewalski

02-07-2013

Quatre chevaux de Przewalski ont quitté ce lundi leur enclos dans le parc zoologique de Prague en direction de la Mongolie. Pour la troisième année consécutive, le zoo de la capitale tchèque organise le transport de ces chevaux sauvages vers leur terre d’origine. Une façon de confirmer son rôle prépondérant dans la sauvegarde de cette espèce protégée.

Photo: Miroslav Bobek, Zoo PrahaPhoto: Miroslav Bobek, Zoo Praha Le zoo de Prague élève depuis plusieurs décennies les chevaux de Przewalski, qui n’ont survécu qu’en captivité depuis 1969. Ces chevaux robustes, à l’encolure épaisse et à la robe isabelle doivent leur nom à l’explorateur russe Nicolaï Przewalski, qui a découvert en 1879 ce cheval que les Mongols appelaient et appellent toujours « takh ». Hélas, en moins d’un siècle, les chevaux de Przewalski ont été décimés par la chasse et les captures destinées aux parcs zoologiques.

Dans le cadre d’un projet qui vise à étendre le retour dans le pays d’origine de ces espèces protégées, quatre chevaux sont partis ce lundi pour la Mongolie, à bord d’un avion militaire, pour un trajet de plus de quinze heures, et ont atterri à la ville de Bulgan ce mardi. Ils seront par la suite transférés au parc national de Gobi B, où ils s’acclimateront pendant près de six mois, avant d’être relâchés dans la nature mongole. C’est le troisième transfert de ce type effectué par le zoo pragois: quatre juments ont quitté Prague en juillet 2012 et quatre autres en juillet 2011.

Le directeur du zoo Miroslav Bobek salue le travail des soigneurs et des éleveurs pour faciliter le long voyage de ces animaux :

Photo: Tomáš Adamec, Zoo PrahaPhoto: Tomáš Adamec, Zoo Praha « Les juments sont tranquillisées, comme lors des années précédentes. Notre vétérinaire utilise des phéromones dans le but de les calmer. En même temps, c’est rassurant de voir qu’elles peuvent boire de l’eau, manger un peu de foin, des carottes. En bref, la présence des éleveurs qui s’occupent d’elles est indispensable. »

Claudia Feh, biologiste et directrice de l’association francaise ‘Takh’ qui œuvre pour le retour de ces chevaux en Mongolie, estime qu'il existe aujourd’hui 1 800 à 2 000 chevaux de Przewalski dans le monde, dont environ 500 chevaux, prétendant à des tentatives de réintroduction en milieu naturel. Claudia Feh met en evidence la nécessité de choisir des régions de remise en liberté, où les populations locales comprennent l'enjeu d'éviter les rencontres entre chevaux sauvages et domestiques. L’objectif est de limiter les phénomènes de consanguinité et donc de préserver la survie génétique de l’espèce. Le rôle du zoo pragois dans la sauvegarde du cheval de Przewalski est connu par tous les spécialistes étrangers, notamment parce que c’est à Prague qu’a été créé en 1959 le livre généalogique international de l’espèce.

Les chevaux de Przewalski déjà présents au parc national de Gobi B, photo: Miroslav Bobek, Zoo PrahaLes chevaux de Przewalski déjà présents au parc national de Gobi B, photo: Miroslav Bobek, Zoo Praha Evžen Kůs, le responsable de ce livre généalogique tire un premier bilan de la réintroduction des chevaux en Mongolie :

« Il est étonnant que les chevaux se soient adaptés à l’hiver rigoureux et aient pu remplir en même temps des obligations parentales. Trois juments ont donné naissance à deux poulains vivants. »

Cette année encore, les chevaux ont été choisis en fonction de leur âge et de leur diversité génétique, afin de pérenniser la présence de l’espèce en Mongolie. Avant leur départ, les chevaux ont été placés dans un centre d’élevage dans l’Est de la Bohême, où les conditions climatiques se rapprochent le plus des steppes mongoles. Cette préparation nécessite un effort humain et matériel dont se félicite le directeur du zoo de Prague Miroslav Bobek:

Photo: CTKPhoto: CTK « C’est grâce à nos prédécesseurs, que nous avons pu sauver le cheval de Przewalski. Nous avions la réelle envie de préserver cette espèce animale. »

Une envie illustrée par le fait que 75% des chevaux qui vivent maintenant à l’état sauvage ont au moins un ancêtre venu de Prague.

02-07-2013