Le mouvement de contestation des médecins se poursuit

07-02-2011

On reparle du mouvement de protestation des docteurs tchèques exerçant dans les hôpitaux publics, qui menacent de partir travailler à l’étranger si leurs revendications – surtout salariales – ne sont pas acceptées par le gouvernement.

Cela fait déjà plusieurs mois que la campagne intitulée « Merci, on s’en va » a commencé. Dans le cadre de cette campagne, près de 4000 médecins ont donné leur démission. Ils menacent de partir à l’étranger, notamment dans les pays germanophones voisins qui souffrent d’une pénurie de main d’œuvre dans le secteur de la santé.

La semaine dernière, le gouvernement tchèque a fait des concessions et a proposé de débloquer deux milliards de couronnes pour les salaires. Mais les médecins veulent des garanties. Ils veulent que l’intégralité de la somme prévue leur soit consacrée et ont refusé que soit attribuée une partie de cette somme aux autres professionnels de la santé – surtout les infirmières qui n’ont pas participé au mouvement. Les représentants des docteurs exigent également que tous les démissionnaires retrouvent leur emploi s’ils retirent leur démission. Les milliers de démissions données doivent prendre effet le 1er mars si aucun accord n’est trouvé.

En République tchèque on dit souvent qu’un compromis finit toujours par être trouvé. Dans ce cas précis le compromis met du temps à se dessiner. Dès cette semaine, c’est au niveau régional et également au niveau du Conseil de sécurité nationale que des mesures doivent être envisagées pour faire face aux sérieux problèmes auxquels vont être confrontés les hôpitaux publics si effectivement des milliers de médecins font le choix de partir. Donc même si on espère un compromis, le pire est désormais envisagé.

Dans les récents sondages réalisés, on ne peut pas dire que les Tchèques soutiennent massivement le mouvement initié par les docteurs, qui sont vus comme une catégorie plutôt privilégiée dans la société.

Cependant les salaires très bas et les problèmes dans la formation des jeunes médecins sont des éléments que comprend une partie de la population tchèque et qui représentent des problèmes concrets dans le cadre du débat plus large sur le réel besoin d’une réforme de l’ensemble du secteur de la santé publique dans le pays.

Le ministre de la Santé Leoš Heger, photo: CTKLe ministre de la Santé Leoš Heger, photo: CTK Du côté des médias tchèques, nombreux ont été ceux à dénoncer le « chantage » exercé par les docteurs et leur intransigeance. L’échec des négociations la semaine dernière n’a pas arrangé les choses. Comme Petr Třešnák dans l’hebdomadaire Respekt daté de ce lundi, beaucoup de journalistes commencent à s’interroger sur le comportement des représentants des médecins, qui ont refusé la semaine dernière cette offre du ministre de la Santé Leoš Heger, considérée comme plus que généreuse dans un contexte de crise. Plusieurs commentateurs estiment que ce mouvement radical arrive un peu tard et aurait pris tout son sens il y a quelques années, dans un contexte économique très différent.

07-02-2011