Le ministère de l’Education veut soutenir la création d’écoles maternelles dans les entreprises

24-02-2011

A partir de la prochaine rentrée, l’Etat pourrait financer jusqu’à 60 % des frais de fonctionnement des écoles maternelles mises en place par les entreprises. La République tchèque étant un des pays membres de l’Union européenne où le taux d’emploi à temps partiel compte parmi les plus faibles, ce soutien financier vise notamment à venir en aide aux parents d’enfants en bas âge.

Après la fermeture de nombreuses structures d’accueil des enfants dans les années 1990, et notamment des crèches, un grand nombre de femmes tchèques ont pris l’habitude de prendre un congé parental de plusieurs années. Une situation qui, le plus souvent, nuit à leur carrière professionnelle. Le taux d’emploi des mères ayant des enfants de moins de six ans y est donc faible, et le pays se classe ainsi à l’avant-dernière place au sein de l’Union Européenne (33,6 % contre une moyenne européenne de 59,7 %).

De leur côté, les entreprises, guère soutenues il est vrai par l’Etat, ne font pas grand-chose non plus pour permettre aux femmes de concilier vie familiale et vie professionnelle, notamment en ne leur proposant que peu d’emplois à temps partiel. Moins de 10 % des femmes tchèques en activité sont ainsi employées à temps partiel, contre 45 % en Allemagne et 43 % en Autriche, pays voisins, ou encore 41 % et 30 % en Belgique et en France.

Tout cela explique pourquoi, selon une enquête Eurobaromètre, seulement 1 % des enfants de moins de trois ans et 69 % des enfants âgés entre trois ans et l’âge scolaire ont fréquenté une structure d’accueil officielle, crèche ou école, en 2008. Ces chiffres sont bien inférieurs aux moyennes européennes qui étaient alors respectivement de 28 % et 83 %.

En guise de solution, le ministère de l’Education entend donc soutenir les entreprises dans la mise en place de structures d’accueil pour les enfants de leurs employés. Ces écoles maternelles accueilleraient les enfants dès l’âge de deux ans, permettant ainsi à leurs parents de retrouver leur emploi plus rapidement qu’à l’heure actuelle. C’est du moins ce qu’espère le ministre Josef Dobeš :

« Ces écoles seraient en mesure de répondre au problème actuel, à savoir scolariser les enfants âgés de moins de trois ans. Dans les écoles maternelles il y a certes aujourd’hui 25 % d’enfants de moins de trois ans, mais nous ne sommes pas encore prêts pour autant à réagir à la demande pour les enfants de deux ans. Et il ne s’agit pas là d’un problème pédagogique et éducatif. »

Le ministre de l’Education a annoncé, en début de semaine, qu’il entendait débloquer jusqu’à 200 millions de couronnes (un peu plus de 8 millions d’euros) à la réalisation de son projet. Josef Dobeš explique comment il entend procéder :

Josef Dobeš, photo: www.vlada.czJosef Dobeš, photo: www.vlada.cz « Le ministère de l’Education devrait réaliser des économies en réduisant ses effectifs et sa bureaucratie ainsi que le nombre d’établissements dans l’enseignement secondaire. Ces économies permettraient de financer 60 % des frais des entreprises par enfant. Parallèlement ces écoles maternelles ne pourront être ouvertes qu’à certaines conditions : il faudra employer un personnel pédagogique qualifié, respecter des normes hygiéniques et des contrôles de l’inspection seront effectuées comme dans les autres écoles. Par ailleurs, les écoles dans les entreprises seront tenues d’avoir un programme-cadre d’éducation. »

En remplissant tous ces critères, ces écoles maternelles dans les entreprises passeraient alors sous la tutelle du ministère de l’Education. D’ici-là, le projet doit encore recevoir l’aval de la coalition gouvernementale. Si tel était le cas, le nouveau système pourrait être appliqué à partir de la prochaine rentrée scolaire, en septembre, ou du début du mois de janvier 2012.

24-02-2011