Le ministère de l’Education envisage d’appeler des lecteurs étrangers à la rescousse des facultés pédagogiques

26-02-2010

Les facultés pédagogiques des universités en République tchèque ont pour tâche d’assurer la formation de futurs enseignants des écoles primaires et secondaires. Actuellement ces facultés manquent d’étudiants et le ministère de l’Education prépare leur réforme. Il cherche aussi des moyens pour rendre ces établissements plus attractifs.

Jakub FischerJakub Fischer Selon le ministère, la réforme de toutes ces facultés est absolument nécessaire. Jakub Fischer, chef du projet de réforme des écoles supérieures du ministère de l’Education, estime que les facultés pédagogiques n’ont pas suffisamment réagi aux changements dans la société qui devraient se refléter dans l’enseignement primaire et secondaire :

« Les facultés pédagogiques acceptent actuellement tous ceux qui désirent s’y inscrire. Vu le système de financement actuel, elles sont exposées à une pression économique et n’ont pas d’autre possibilité. Les études dans ces facultés doivent être plus attractives pour éveiller l’intérêt d’autres étudiants. Et il faut mettre l’accent sur l’internationalisation de ces écoles, c’est-à-dire y apporter aussi un élément étranger. »

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne Les facultés devraient donc également embaucher des lecteurs étrangers en provenance notamment des pays de l’Union européenne. Cette intention du ministère risque cependant de se heurter au manque de moyens financiers car les enseignants de qualité dans les pays d’Europe de l’ouest sont bien mieux rémunérés que leurs collègues tchèques. Pour Jakub Fischer ce n’est pas une raison pour renoncer au projet :

« Nous devons coordonner nos activités avec les écoles supérieures et les facultés. Ce n’est pas que la tâche du ministère de l’Education, les facultés doivent y contribuer, elles aussi. Cela doit être une œuvre commune. Ensemble nous devons créer les conditions propices pour attirer les lecteurs étrangers. »

Actuellement, jusqu’à la moitié des anciens étudiants des facultés pédagogiques désertent l’enseignement et finissent dans le secteur privé où ils font mieux fructifier les connaissances acquises lors de leurs études. Pour les retenir il faudra non seulement, selon Jakub Fischer, augmenter les salaires dans le secteur mais également proposer aux futurs enseignants toute une série d’encouragements et d’avantages. L`Etat pourrait par exemple prendre en charge une partie des frais de leurs études.

Dans certaines écoles la pénurie d’enseignants est telle qu’on y accepte aussi des personnes sans formation nécessaire. Selon Jakub Fischer, il y a deux réactions possibles à ce phénomène :

« La première possibilité est de réduire le nombre de ces enseignants par des mesures administratives. La seconde possibilité cependant est de se demander quelles sont les raisons de cette situation. Il s’avère que pour certaines personnes qui désirent enseigner dans les écoles primaires et secondaires et qui ont de la sympathie pour ce métier, les études à la faculté de pédagogie ne sont pas suffisamment attractives. »

Pour Jakub Fischer une raison de plus pour donner une nouvelle attractivité aux facultés pédagogiques et y attirer ces instituteurs par vocation qui enseignent sans diplôme d’études supérieures.

26-02-2010