L’art-thérapie pour réunir Tchèques et expatriés

Début septembre, un nouvel espace a ouvert ses portes dans le quartier animé d’Anděl (Prague 5). A quelques pas de l’effervescence de la ville, Chloé Bonnet et Crescence Nicolas, deux expatriées françaises, y ont créé un petit atelier. Un havre de paix dans lequel des cours d’art et de psychomotricité sont proposés aux jeunes. Une idée qu’elles ont concrétisée à deux. Crescence Nicolas, psychomotricienne et thérapeute, raconte :

Chloé Bonnet et Crescence Nicolas, photo: Corentin NicolasChloé Bonnet et Crescence Nicolas, photo: Corentin Nicolas « Je pense que c’était vraiment important, en ouvrant mon cabinet de psychomotricité, de ne pas être isolée dans ma pratique et de travailler en partenariat avec d’autres professionnels. Avec Chloé, qui est art-thérapeute et professeure d’arts plastiques, je trouvais que le lien entre les deux pouvait être intéressant et qu’il y avait des possibilités de partenariats. Cela nous semblait être une idée intéressante à développer. »

Le concept unit art et thérapie, deux disciplines qui sont dispensées en français, en anglais et même en tchèque. L’occasion de réunir les jeunes expatriés avec les locaux autour des techniques d’art. Chloé Bonnet explique son action :

« Elle vise autant les enfants tchèques que les enfants expatriés qui veulent pratiquer leur français dans un contexte un peu plus ludique que celui de l’école ou de cours de français à proprement parler. Sur l’art-thérapie en tout cas, on reçoit les mêmes personnes qui passent de son cabinet au mien. C’est donc intéressant d’avoir un lieu où ils passent un après-midi et peuvent naviguer d’une séance à l’autre. Je leur propose chaque semaine d’expérimenter une nouvelle technique, cela peut donc être du charbon, du dessin plus classique avec des natures mortes, mais aussi de la peinture en partant du fauvisme par exemple. »

Pour ouvrir cet atelier, Prague n’a pas été choisie au hasard. La ville attire en effet tous ceux qui rêvent d’entreprendre un projet qu’ils ne peuvent pas réaliser dans leur pays, estime Chloé :

« A Prague, quand on a idée ou un projet un peu original, on a l’impression qu’il y a moins de barrières pour les réaliser, c’est quelque chose qui apparaît plus accessible. On a l’impression que tout est possible, on peut concrétiser ses rêves et ses idées, et cela m’a donné l’élan nécessaire pour me lancer dans cette aventure. »

Concernant leur avenir, les deux femmes sont optimistes. Ainsi, pourquoi ne pas croiser un peu plus encore les deux actions et créer des séances extraordinaires ? En attendant, quelques places sont toujours disponibles dans leurs cours.