La social-démocratie commence un nouveau chapitre avec Bohuslav Sobotka

Le Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) s’est doté d’une nouvelle direction, vendredi. Président par intérim de la principale formation de l’opposition depuis la démission de Jiří Paroubek suite aux dernières élections législatives en mai 2010, Bohuslav Sobotka, 39 ans, restera à la tête du parti pendant les deux prochaines années. Le duel entre Bohuslav Sobotka et Michal Hašek, préfet de Moravie du Sud âgé de 34 ans, a été serré : ce n’est que de quatre voix que Bohuslav Sobotka a devancé son adversaire, finalement élu le lendemain vice-président du parti.

Bohuslav Sobotka, photo: CTKBohuslav Sobotka, photo: CTK A la veille du congrès des socialistes, les médias tchèques avaient parlé d’un duel de deux « anti-leaders » - en faisant allusion à un certain manque de charisme politique chez les deux candidats à la présidence du parti. Ce lundi, les journaux constatent que Bohuslav Sobotka « s’est tu pendant quinze ans » et, curieusement, cette attitude porte ses fruits. Discret, toujours mesuré dans ses propos, jamais impliqué dans une affaire de corruption et loin de l’égocentrisme de l’ancien leader Jiří Paroubek, Bohuslav Sobotka possède l’image d’un « jeune homme gentil et crédible » : une réputation qui le place très haut dans les sondages de popularité. Diplômé en droit, il s’est lancé immédiatement dans la politique : député depuis 1996, il a été ministre des Finances de 2002 à 2006 avant de devenir vice-président puis président par intérim, donc, de la social-démocratie.

Sa priorité en tant que leader de l’opposition est claire : proposer une alternative aux réformes de la coalition gouvernementale, et notamment à la hausse prévue de la TVA tant discutée ces dernières semaines, en imposant par exemple une plus grande rigueur fiscale aux entreprises. Bohuslav Sobotka :

Michal Hašek et Bohuslav Sobotka, photo: CTKMichal Hašek et Bohuslav Sobotka, photo: CTK « Si nous remportons les élections législatives, notre objectif sera de baisser le taux de TVA de certains produits qui touchent au domaine social et à l’éducation : à savoir les médicaments, les produits alimentaires, ainsi que les livres. »

Bohuslav Sobotka prône la lutte contre la corruption, ainsi que le concept d’Etat social, réel, selon lui, même dans la situation actuelle de l’économie tchèque. Le nouveau leader de la social-démocratie veut également s’adresser aux électeurs de moins de 25 ans, en garantissant, par exemple, un enseignement de qualité aux jeunes issus des milieux défavorisés.

Le succès de Bohuslav Sobotka aurait semé une légère incertitude au sein de la coalition gouvernementale qui, selon la presse, aurait préféré voir à sa place Michal Hašek. On écoute le ministre de la Justice et vice-président du Parti civique démocrate (ODS), Jiří Pospíšil :

Jiří Pospíšil, photo: CTKJiří Pospíšil, photo: CTK « Je pense que la social-démocratie restera un parti de gauche populiste. Je crains que nous ayons du mal à négocier les réformes gouvernementales. »

Bohuslav Sobotka, l’homme qui « n’exclut rien » en politique comme l’écrit le quotidien Hospodářské noviny en citant l’expression préférée du politicien – Bohuslav Sobotka donc n’est pas l’unique « vainqueur » du congrès du week-end écoulé : Jiří Dienstbier, le fils de l’ancien chef de la diplomatie Jiří Dienstbier, est non seulement devenu un des six vice-présidents du parti, mais il a aussi remporté le premier tour des élections sénatoriales dans la ville de Kladno et pourrait même remplacer le député socialiste Martin Pecina qui envisage de démissionner. Une autre personnalité au sein de la social-démocratie qui fait beaucoup parler d’elle…