La retraite à 65 ans ?

12-02-2008

A l’avenir, les Tchèques devraient partir plus tard à la retraite, à l’âge de 65 ans. C’est ce que prévoit le projet de loi sur l’assurance retraite que le gouvernement a adopté, lundi, sans attendre un plus large consensus politique avec l’opposition.

La réforme longuement discutée a pris des concours déjà très concrets, bien que ce ne soit pour l’instant encore qu’un projet : après 2031, les Tchèques devraient partir à la retraite à 65 ans. Les générations nées en 1965 et plus tard seraient concernées. Le projet marque une petite révolution dans le pays où, sous le régime communiste, les femmes partaient à la retraite dès l’âge de 53 ans. Aujourd’hui, l’âge de retraite des hommes est de 62 ans et de 60 ans et moins pour les femmes, en fonction du nombre d’enfants élevés. Le deuxième changement proposé par le cabinet est de prolonger la durée de l’assurance retraite à 35 ans, au lieu des 25 ans actuels.

La réforme ne touchera ni les retraités actuels, ni les personnes en âge de préretraite, assure Petr Nečas, ministre du Travail et des Affaires sociales. Le taux de natalité en baisse et l’espérance de vie de plus en plus élevée sont ses principaux arguments pour justifier la réforme :

Petr NečasPetr Nečas « Si, l’année dernière, la République tchèque comptait 340 000 personnes âgées de plus de 80 ans, en 2010, 380 000 de nos concitoyens atteindront cet âge et en 2050, on en arrivera à un million. »

Le projet a été adopté par le cabinet bien qu’il ne bénéficie pas du soutien des partis de l’opposition. Même s’il tient compte de certaines propositions de la social-démocratie, son chef, Jiří Paroubek, dit non au projet :

« Je ne peux pas imaginer que la social-démocratie puisse être d’accord avec ce projet. »

Pour Zdeněk Škromach du même parti, certaines professions, tels que les mineurs, ne peuvent pas partir à la retraite à 65 ans :

Jiří Paroubek et Zdeněk Škromach, photo: CTKJiří Paroubek et Zdeněk Škromach, photo: CTK « Il y a des groupes de professions, dont en premier lieu les travailleurs dans les mines et l’industrie métallurgique, où l’âge de retraite de 65 ans est inadmissible. Ensuite, le gouvernement ne devrait pas adopter la réforme avant de proposer des programmes d’emploi des personnes dans la tranche d’âge de 55 à 60 ans. Ce qui nous gène le plus, c’est le problème du dit « opt-out », c’est-à-dire le retrait des moyens du système des pensions de retraite existant, ce qui menacerait directement les retraités actuels. »

La réforme est saluée par la plupart des analystes, même si certains d’entre eux estiment que le gouvernement devrait se concentrer beaucoup plus sur la possibilité d’assurer des recettes supplémentaires dans le système. Depuis le mois de janvier dernier, la deuxième étape de la réforme, sous forme d’un compte en réserves destiné aux pensions et retraites, est en cours. La réforme proposée lundi par le cabinet sera débattue en première lecture par les députés au mois de mars prochain.

12-02-2008