La République tchèque préside l’UE mais n’a toujours pas ratifié le traité de Lisbonne

02-01-2009

La République tchèque est perçue à l’étranger comme un pays eurosceptique. Surtout à cause de son président, autoproclamé dissident de l’Union européenne, mais aussi notamment parce que Prague traîne des pieds pour ratifier le traité de Lisbonne, qui doit venir reformer les institutions communautaires. On écoute à ce sujet Michaela Jelinková, la porte-parole du vice-Premier ministre en charge des affaires européennes, Alexandr Vondra.

Le succès de la présidence tchèque depend-il de la ratification du Traité de Lisbonne?

 « Je ne pense pas, parce que la ratification est un processus indépendant de la présidence. On peut dire que la présidence tchèque va se concentrer sur le débat autour du Traité de Lisbonne, parce qu’on ne va pas résoudre le non irlandais pendant notre présidence, dans le sens où le Conseil européen a plus ou moins dit que le nouveau référendum aura lieu en automne, donc sous la présidence suédoise. Ensuite, il faut savoir que les ratifications de tous les autres traités de cette importance ont pris au minimum deux ans. Maintenant, cela fait un an que le Traité de Lisbonne a été signé. Le fait qu il ait été ratifié à une telle vitesse en Europe, c’est le résultat d’une certaine hâte… Mais il ne faut pas oublier que dans l’histoire de l’Union européenne, le processus démocratique a toujours pris deux ans, donc on est dans les temps. »

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne « Nous avons fait les choses selon notre Constitution. Nous avons aussi la séparation des pouvoirs. L’exécutif et la Justice ont fait leur devoir. Le gouvernement a signé le Traité de Lisbonne et M. Vondra est allé défendre le Traité de Lisbonne devant la Cour constitutionnelle. Les 16 juges ont estimé que tous les points de doute soumis étaient non valides. Tout cela fait partie d’un processus, d’un devoir bien fait. »

 « On est un pays qui, il y a 20 ans encore, était oblige de faire comme s’il n’y avait pas de différences entre les différents pouvoirs, avec une seule voix. On est quand même loin d’être avant novembre 1989, donc en fait toute pression mise sur notre système – qui est le résultat des changements démocratiques – me désole personnellement. Mais en tout cas je reste persuadée qu’il y a la possibilité pour la République tchèque de ratifier pendant notre présidence. On va voir si ce sera le cas. Personnellement, je pense que ce serait bien. »

02-01-2009