La publicité accusée d'antisémitisme est retirée des télévisions tchèques

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La société Mountfield, spécialisée dans la vente d'outils de jardinage, fait beaucoup parler d'elle en raison d'un spot publicitaire mettant en scène un Juif orthodoxe. Le ton, censé être humoristique, n'a pas fait rire tout le monde.

Un animateur de télévision, Zdenek Izer, entre dans un magasin Mountfield, où l'attend la mascotte animée de la marque, accoudée à une roue de tombola. Habitué à faire des affaires en or dans les précédentes publicités, l'animateur décide de changer d'apparence pour mettre en confiance la mascotte. Le revoilà une seconde après déguisé en Juif orthodoxe, prenant un accent voulant imiter l'accent yiddish. Il fait tourner la roue. La mascotte, désespérée par les réductions obtenues, lance un « Seigneur Jésus ! » (prokristapana) auquel répond le candidat grimé « pas de ça avec moi! » (Nechaj si to). 80%, c'est la réduction qu'il obtient à la fin pour acheter sa tronçonneuse, s'esclaffant en cachette d'avoir fait une telle affaire.

« Le personnage de l'homme d'affaires juif est exactement ce dont nous avons besoin. C'est un personnage qui symbolise l'achat malin, les bonnes affaires, le bon commerçant. »

C'est ainsi qu'a tenté de se justifier le directeur des magasins Mountfield, Ivan Drbohlav, avant de décider d'interrompre la diffusion du spot à partir du 7 février prochain, suite aux plaintes formulées par l'ambassade israélienne.

Leo Pavlat
« Cette publicité nous a inquiété, nous sommes satisfaits d'avoir été entendus par les responsables de l'entreprise et par cette décision de la retirer des écrans », a déclaré la porte-parole de l'ambassade d'Israël à Prague, Jirina Matouskova.

Le directeur du musée juif de Prague, Leo Pavlat, a lui aussi réagi, dans les colonnes du quotidien Lidove Noviny, estimant que « les créateurs de ce spot avaient utilisé le stéréotype déplaisant du Juif » et soulignant que « la prétendue avidité des Juifs constitue l'une des bases de la mythologie antisémite ».

Le président du Conseil national pour la publicité, Radek Pokorny, a indiqué que c'était la première fois qu'une société tchèque provoquait ainsi la réaction d'une ambassade, précisant que le Vatican avait déjà fait des remarques sur la représentation des nonnes dans certains spots. La dernière fois que le Conseil a dû interdire une publicité, il s'agissait d'un spot radio qui se servait de préjugés envers les Roms pour vanter les mérites de meubles de salon.