La Philharmonie tchèque commémore à sa façon le centenaire de la Tchécoslovaquie

A l’occasion du centenaire de la Tchécoslovaquie, la Philharmonie tchèque présente, dans la salle du Rudolfinum à Prague, une installation audiovisuelle mettant notamment en scène Má Vlast du compositeur tchèque Bedřich Smetana, mais aussi la Sinfonietta de Janáček. Cette présentation inédite, intitulée justement Má Vlast, mêle musique classique, vidéo et animation abstraite.

Le morceau Vltava est sans doute le plus célèbre des poèmes symphoniques de Bedřich Smetata. Lenka Čápová, de l’équipe de l’Orchestre philharmonique tchèque, nous explique l’importance de cette musique :

« Bedřich Smetana est l’un des compositeurs tchèques les plus célèbres et Má Vlast – Ma Patrie – son cycle de six poèmes symphoniques, célèbre l’histoire de la nation tchèque. On a pris la partie la plus connue, Vltava (aussi connu sous le nom allemand de Moldau, ndlr), que l’on perçoit comme un seconde hymne national tellement elle est populaire, les gens l’aiment beaucoup et c’est pour ça qu’on a voulu la présenter sous une autre perspective. »

Le Rudolfinum présente cette œuvre de manière originale : dans une salle plongée dans l’obscurité, la musique est diffusée pendant que des écrans présentent des vidéos proposant une représentation visuelle symbolique de l’œuvre.

'Má Vlast', photo: Site officiel de la Philharmonie tchèque'Má Vlast', photo: Site officiel de la Philharmonie tchèque « La première partie, Vltava, a été tournée par 59 Productions, une entreprise londonienne qui a notamment travaillé à la cérémonie d’ouverture des JO de Londres, ou sur l’exposition autour de David Bowie. Ils ont passé plus d’un an à tourner les images de notre rivière, la Vltava. Il y a beaucoup de vues différentes, parfois on est dans l’eau, parfois on a une vue du ciel et on aperçoit les bâtiments culturels autour, on voit le Rudolfinum d’ailleurs. »

Il y a déjà eu des tentatives d’adapter Ma Vlast de manière originale, à travers par exemple un spectacle son et lumière avec l’eau de la Vltava, mais ce format est unique.

L’installation au Rudolfinum ne tourne toutefois pas uniquement autour de la musique de Smetana :

« Il n’y a pas que Vltava et Smetana, il y a aussi une seconde partie, durant laquelle est diffusée la Sinfonietta de Janáček, c’est plus abstrait, ce n’est pas une vidéo mais une animation sous forme de chaîne d’association sur l’architecture, le design et l’art tchèque. Le but est de célébrer la créativité du peuple tchèque. On perçoit ça comme une opportunité de rêver à propos de l’héritage culturel de notre pays. »

'Má Vlast', photo: Site officiel de la Philharmonie tchèque'Má Vlast', photo: Site officiel de la Philharmonie tchèque Et si l’installation a vocation à célébrer l’histoire tchèque, ce n’est pas par hasard, 2018 étant l’année du centenaire de la création de la Tchécoslovaquie :

« Nous voulions participer aux célébrations du centenaire parce que nous – la Philharmonie tchèque – sommes là depuis plus de cent ans, notre premier concert a eu lieu en 1896, et pour nous l’orchestre national fait partie de l’histoire de la Tchécoslovaquie. Nous voulions utiliser cette opportunité pour nous rapprocher de gens qui ne sont pas nos auditeurs et qui ne sont peut-être pas adeptes de musique classique. C’est aussi dans cette optique que nous voulions diffuser notre projet dans d’autres régions du pays, et c’est pourquoi cette installation est une exposition itinérante, nous allons au total dans six villes différentes, pour que la célébration soit nationale. »

L’installation, qu’on a déjà pu découvrir à Plzeň, est visible gratuitement à Prague dans le hall du Rudolfinum. Elle y reste jusqu’au 20 août, avant de se déplacer à Hradec Králové, Liberec ainsi qu’Ostrava jusqu’au mois de novembre. L’occasion d’écouter des morceaux emblématiques de la musique classique tchèque dans un contexte atypique.