La motion de censure n’est pas passée à la Chambre des députés

23-10-2008

La coalition gouvernementale conduite par le Premier ministre, Mirek Topolánek, peut souffler pour un temps. La motion de censure présentée par les sociaux-démocrates a été refusée par les députés. Il s’en fallait de peu, pourtant, et le mandat du gouvernement actuel s’avère des plus faibles.

Mirek Topolánek, photo: CTKMirek Topolánek, photo: CTK C’est la quatrième fois que la coalition gouvernementale doit faire face à une motion de censure. A l’issue des élections régionales qui ont été une défaite pour les trois partis qui la constitue (Parti civique démocrate, chrétiens-démocrates et Verts) et aussi des mauvais résultats au premier tour des sénatoriales, la partie se présentait comme très difficile à la séance de la Chambre des députés, mercredi matin. Pourtant, il semble que cela ait été un jour de chance pour le Premier ministre, Mirek Topolánek. Tout d’abord, les députés ont repoussé le vote de la motion de censure à l’après-midi pour examiner, en priorité, le projet de budget de l’Etat 2009. Satisfaction pour le cabinet, les paramètres fondamentaux du projet ont été adoptés en première lecture et le budget envoyé en seconde lecture, en dépit des objections de l’opposition. La discussion de la motion de censure a duré cinq heures, mais en fin de compte, l’opposition n’a pas réussi à réunir les 101 voix indispensables pour provoquer la chute du gouvernement. Cependant, jusqu’à la dernière minute certains députés ont maintenu la tension. Il s’agissait de deux députées du Parti des Verts, qui n’ont pas participé au vote et de trois députés du leader de la coalition gouvernementale, l’ODS, qui se sont abstenus. Par contre, deux anciens députés de la social-démocratie ont voté contre la motion de censure. Avec un score de 97 députés pour et 96 contre, le cabinet de Mirek Topolánek se retrouve donc dans une position des plus fragiles. Pourtant, celui-ci a retrouvé le sourire en déclarant après le vote :

Michal Hašek et Jiří Paroubek, photo: CTKMichal Hašek et Jiří Paroubek, photo: CTK « Nous avons eu, récemment, trois gouvernement et trois Premiers ministres, ce gouvernement vient de résister à la quatrième motion de censure et va donc continuer. Je suis heureux que nous puissions bénéficier du temps nécessaire à notre travail et à la réalisation de nos objectifs, comme nous nous sommes engagés dans notre programme d’action. »

La social-démocratie vient donc d’essuyer une nouvelle défaite et ses efforts pour faire tomber le gouvernement de centre droite ont été vains. En dépit de cela, son président Jiří Paroubek insiste sur le fait que ce dernier est devenu minoritaire et qu’il devrait en assumer les conséquences :

« Il s’est avéré, aujourd’hui, que le gouvernement ne peut plus compter sur 101 voix. Pour cela, nous appelons le gouvernement de Mirek Topolánek à poser, le plus tôt possible, la question de confiance à la Chambre des députés, afin qu’il sache s’il dispose encore de cette majorité de 101 voix. »

Mirek Topolánek et Martin Bursík, photo: CTKMirek Topolánek et Martin Bursík, photo: CTK Pour l’instant, il ne semble pas que le Premier ministre soit particulièrement préoccupé par la perte de la majorité à la Chambre, même si elle est en partie causée par la défaillance de plusieurs députés de son propre parti. Il ne planifie pas, non plus, de changement dans la composition de son cabinet, par exemple au poste du ministre de la Santé dont les réformes impopulaires seraient une des causes de l’échec électoral des partis gouvernementaux. Pourtant, Martin Bursík, chef du plus petit membre de la coalition, le Parti des Verts, est persuadé que celle-ci devra examiner de près la situation. On l’écoute :

« Après le second tour des sénatoriales, nous allons examiner les résultats atteints par le gouvernement, et nous le ferons nous-mêmes et n’attendrons pas que l’opposition le fasse, comme dans la campagne électorale pour les régionales. Nous ferons certainement quelques corrections dans l’application de notre programme, nous déterminerons les priorités et avec, disons, ce programme actualisé, nous continuerons dans la seconde moitié de notre mandat. »

Interrogé sur l’éventualité de la présentation d’une nouvelle motion de censure, le président des sociaux-démocrates, Jiří Paroubek, n’a pas écarté cette possibilité, en réaffirmant toutefois que la balle était dans le camp du Premier ministre qui devrait lui-même demander la confiance des députés.

23-10-2008