La lutte contre l'obésité infantile s'intensifie

25-06-2013

Selon une étude récente, un cinquième des enfants tchèques souffrent de surpoids ou d’obésité. Ce constat alarmant contraste avec la relative stabilisation du nombre de Tchèques en situation de surcharge pondérale. Le régime alimentaire et le mode de vie sédentaire des jeunes Tchèques sont souvent mis en cause et de multiples solutions sont aujourd’hui testées pour faire face à ce phénomène.

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková Les enfants sont dépendants de ce qu’achètent leurs parents. Selon le ministère de la santé, le régime alimentaire de la famille devrait pourtant avoir comme objectif la santé des enfants. Mais certains parents rechignent à modifier leurs habitudes en matière d’alimentation par peur d’éprouver un sentiment de satiété.

Marek, un adolescent de 13 ans en situation de surcharge pondérale, fait partie de ces jeunes qui suivent un programme diététique. Sa mère explique le fonctionnement de ce suivi :

« Nous écrivons sur la feuille de suivi ce que nous mangeons, le temps que nous passons autour d’un repas, combien de temps nous consacrons au sport et une fois que cela est fait, nous voyons un peu plus clairement à quoi ressemblent les habitudes de notre enfant. »

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne Ce suivi implique donc la bonne volonté de la famille. Mais l’école a aussi un rôle prépondérant à jouer en matière de sensibilisation aux problèmes alimentaires. Depuis trois ans, le programme Škola plná zdraví, littéralement L’école en pleine santé, s’est développé dans 1400 écoles élémentaires et collèges de République tchèque et de Slovaquie. Ce programme participe à la création de paniers de consommation qui régulent l’alimentation des enfants dans les cantines scolaires en fonction de leurs besoins nutritionnels en les habituant à manger des fruits et légumes.

Leoš Heger (TOP 09), ministre de la santé du gouvernement démissionnaire souligne l’importance de ce programme :

Leoš Heger, photo: Filip Jandourek, ČRoLeoš Heger, photo: Filip Jandourek, ČRo « Quand la santé publique est en crise, il est difficile d’obtenir des résultats en mobilisant en ce sens les compagnies d’assurances. Nous avons pourtant voulu préparer ce programme éducatif pour les pédiatres, afin de les motiver à ne pas examiner les enfants seulement sous leurs aspects biochimiques et plutôt à déceler s’ils sont obèses ou non. »

Heger ajoute que cette lutte contre l’obésité concerne toute l’Europe. En République tchèque, ce phénomène est toutefois marqué pour les jeunes âgés de 11 à 15 ans. De récentes études mettent en évidence le fait que l’obésité est en expansion dans cette tranche d’âge. Les modes d’alimentation mais aussi le style de vie sédentaire des jeunes Tchèques en sont les principales causes. Une étude réalisée par l’Organisation mondiale de la santé en 2010 montre que sept enfants tchèques sur dix passent plus de deux heures par jour devant leur ordinateur. Par ailleurs, trois quarts des enfants tchèques font moins de soixante minutes d’exercices physiques par jour, comme cela est pourtant recommandé.

Inquiète face à ce phénomène, la psychologue Marta Boučková analyse :

Photo: Archives de Radio PraguePhoto: Archives de Radio Prague « L’Homme est par nature paresseux. L’époque actuelle offre aux enfants tellement de tentations faciles. Les enfants veulent éprouver du plaisir, aussi extrême soit-il, sans bouger leurs fesses de leur chaise. Le problème naît dès l’instant où un jeune a la possibilité de goûter cette sensation sans réel effort physique, sans sueur. La majorité des enfants ordinaires vont avoir un penchant pour fabriquer l’adrénaline de cette manière. »

Devant cette situation, plusieurs associations d’enseignants souhaiteraient rendre obligatoire des activités sportives l’après-midi au sein des écoles. Une nécessité lorsqu’on sait que trois quart des adolescents en surpoids le restent à l’âge adulte.

25-06-2013