La diplomatie tchèque marque un point au sein de l'UE dans sa lutte contre le régime castriste

13-06-2006

Lundi, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères européens qui se tenait au Luxembourg, Cyril Svoboda a réussi à imposer en partie la vision tchèque de la stratégie politique de l'UE à adopter contre Cuba.

Fidel Castro, photo: CTKFidel Castro, photo: CTK Outre les discussions autour de l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie et de la Croatie à l'Union européenne, c'est l'éternel et controversé cas cubain qui s'est retrouvé au programme des ministres des Affaires étrangères de l'UE. Les concessions obtenues avec le soutien de la Pologne, des Pays-Bas et du Danemark pour plus de sévérité envers le Lider Maximo restent cependant bien en-deçà de ce que la diplomatie tchèque souhaiterait imposer. Mais compte tenu du fait que sa position était jusqu'alors relativement minoritaire, le chef de la diplomatie tchèque, Cyril Svoboda, s'est félicité que l'on voie « clairement la signature tchèque » dans la déclaration commune européenne. De quoi s'agit-il ? De mettre sur pied une stratégie à long terme vis-à-vis de Cuba, avec comme perspective la disparition d'un Fidel Castro dont l'âge avancé de 80 ans est un des rares espoirs pour ceux qui rêvent d'un retour de la démocratie sur l'île. Envisager l'après-Castro, c'est aussi envoyer un signal fort aux dissidents, leur montrer que l'on se prépare concrètement à la période de transformation et de réconciliation, a notamment expliqué Cyril Svoboda. Si, contrairement à ce que souhaiterait la République tchèque, l'Union européenne n'entend pas renouveler les sanctions diplomatiques contre La Havane dans l'année à venir, elle émet toutefois des critiques sur les violations des droits de l'homme et demande la libération sans condition de tous les dissidents emprisonnés. Une position qui rejoint celle du ministre tchèque des Affaires étrangères :

Le ministre des Affaires étrangères Cyril SvobodaLe ministre des Affaires étrangères Cyril Svoboda « Tous les prisonniers politiques doivent être libérés, et on ne peut pas commencer à faire des distinctions entre eux. Il faut aussi soutenir ceux qui sont sous la pression du bannissement public, par exemple les proches. »

Des dissidents qui, eux, restent plutôt sceptiques sur l'attitude adoptée par l'UE. Déjà l'an dernier, suivant les positions espagnole et française, l'Union avait supprimé les sanctions jusqu'alors en vigueur, après la libération de 15 des 75 dissidents emprisonnés en 2003. Certaines voix des exilés cubains font part de leurs doutes quant à l'efficacité réelle de cette politique d'appaisement et rappellent que seuls deux ou trois pays les « comprennent » vraiment.

« J'ai l'impression que l'Union européenne a peur de Castro, comme si elle n'osait pas lui dire clairement que les droits de l'homme sont pour elle plus importants que le commerce. Une telle position la dessert pourtant et les Européens feraient mieux de s'en rendre compte une bonne fois pour toutes », a récemment déclaré l'ex-président Vaclav Havel à Bruxelles.

Cyril Svoboda a souligné que l'Union européenne manquait de moyens de pression car en matière d'énergie, par exemple, La Havane importe l'essentiel du Vénézuela, dont le président Hugo Chavez est proche de Castro. Le ministre des Affaires étrangères tchèque a encore une fois réitéré sa volonté de continuer à inviter des opposants aux réceptions de l'ambassade tchèque à La Havane.

13-06-2006