La Croix-Rouge tchèque est centenaire

06-02-2019

Il y a 100 ans de cela, le 6 février 1919, naissait la Croix-Rouge tchèque, sur le modèle de l’organisation humanitaire fondée en Suisse par Henry Dunant. Cet anniversaire est l’occasion de rappeler l’histoire de cette branche tchèque qui a la particularité d’avoir été fondée par une femme, et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agissait d’Alice Masaryková, la fille du premier président tchécoslovaque.

Alice MasarykováAlice Masaryková « Nous avons plus de 34 000 ‘samaritains’, plus d’une centaine de véhicules de transport et 73 infirmières. Voilà pourquoi notre parole fait écho. Et je ne compte pas toutes les infirmières bénévoles que nous avons formées, » expliquait à l'époque Alice Masaryková.

En 1919, lorsque le président Masaryk donne son autorisation, la fondation de la Croix-Rouge tchécoslovaque est étroitement liée à celle du nouvel Etat né des cendres de l’Empire austro-hongrois à la fin de la Première Guerre mondiale. La Croix-Rouge est alors perçue comme le symbole d’un Etat moderne et social. L’engagement personnel de la fille du premier chef de l’Etat tchécoslovaque, qui en restera la présidente pendant vingt ans, contribue largement à cet enthousiasme. Marek Jukl est l’actuel président de la branche tchèque de l’organisation internationale :

Marek Jukl, photo: Monika Puchingerová, ČRoMarek Jukl, photo: Monika Puchingerová, ČRo « La guerre venait juste de s’achever et les premières actions de la Croix-Rouge tchécoslovaque se sont immédiatement concentrées sur l’accueil et les soins aux personnes qui revenaient de captivité. Mais il fallait aussi s’occuper de la population, au sein de laquelle régnait une immense pauvreté et où l’état de santé des gens s’était considérablement dégradé. En outre, la Slovaquie et la Ruthénie subcarpathique avaient été intégrées au nouvel Etat, et le système de santé publique n’était là-bas clairement pas aussi développé que dans les pays tchèques. La Croix-Rouge tchécoslovaque a fait un énorme travail sur place, notamment dans la lutte contre une épidémie de typhus mais aussi pour mettre en place des structures qui existaient déjà en Bohême et en Moravie : des sanatoriums, des dispensaires, etc. Mais dans les pays tchèques aussi, la Croix-Rouge a réalisé de nombreuses choses, par exemple en matière de formation pédagogique du personnel médical et de création d’un service de secours automobile. »

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’organisation est dissoute par l’occupant nazi et ses biens confisqués. De nombreuses personnes engagées sont exécutées. L’époque du régime communiste change également la donne et la Croix-Rouge tchécoslovaque se consacre alors davantage à la préparation à la défense civile qu’à ses activités traditionnelles. Il faut attendre la révolution de Velours et les années 1990 pour qu’elle revienne enfin à sa vocation d’origine.

Aujourd’hui, la Croix-Rouge tchèque n’apporte pas son aide uniquement lors des catastrophes naturelles ou autres. Ses activités vont de l’organisation de campagnes de dons du sang à l’enseignement des premiers secours en passant par des activités plus sociales. La Croix-Rouge tchèque gère ainsi notamment un réseau d’appartements destinés aux seniors dans lesquels ces derniers peuvent vivre en toute indépendance tout en bénéficiant d’une assistance en cas de besoin. L’organisation humanitaire propose également un service qui pourrait étonner en temps de paix, mais qui fait bel et bien l’objet de demandes, comme le détaille Marek Jukl :

« La Croix-Rouge tchèque, tout comme les 190 autres organisations nationales dans le monde, propose un service de recherche des personnes disparues. Chaque année, ce service gère 2 à 3 000 demandes, et ce même en temps de paix. Une partie de ces recherches est encore consacrée aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale : les gens veulent savoir ce que sont devenues certaines personnes ou s’il existe une tombe par exemple. Mais ce service est également utilisé aujourd’hui dans les cas de familles séparées suite à un conflit, une catastrophe naturelle et dans le cas où ces personnes transitent par la Tchéquie. »

La Croix-Rouge tchèque en Syrie, photo: Site officiel de Český červený křížLa Croix-Rouge tchèque en Syrie, photo: Site officiel de Český červený kříž Fidèle à sa vocation internationale, la Croix-Rouge tchèque ne se contente pas d’apporter son aide à l’échelle locale. Elle est amenée à intervenir aussi à l’étranger, comme le rappelle encore Marek Jukl :

« Nous sommes heureux que notre aide soit bien acceptée à l’étranger. Par exemple en Syrie récemment. Nous avons eu des réactions de gens de là-bas qui ont exprimé leur reconnaissance pour notre travail sur place. Nous avons été à une époque le premier pays européen à pouvoir apporter une aide en plein cœur de la Syrie. »

06-02-2019