La crise de l’industrie du verre tchèque s’approfondit

07-01-2009

Un des plus gros producteurs de verre et de cristal de Bohême, Crystalex, a annoncé lundi qu’il était obligé d’arrêter sa production pour incapacité de paiement. Cette faillite concerne plusieurs verreries de la société en Bohême du Nord et peut avoir de graves répercussions sur l’économie de la région.

La société Crystalex fait partie du groupe Bohemia Crystalex Trading qui se trouve en incapacité de paiement depuis le 22 septembre dernier. Jusqu’à la fin de l’année dernière, le groupe bénéficiait d’un moratoire et pouvait continuer ses activités. Ce moratoire a pris fin le 31 décembre et, dès le premier jour de 2009, les banques ont épuisé les comptes du groupe qui ne dispose plus de moyens pour financer la production ou payer les salaires de ses employés. Il ne lui reste plus qu’à attendre la déclaration officielle de la faillite et son rachat éventuel par un investisseur. Le porte-parole de la société Crystalex, Karel Samec, explique ce que cela signifie pour celle-ci :

« Malheureusement, on n’a pas réussi à trouver une solution législative acceptable pour la société. Cela veut dire qu’il va falloir arrêter la production. Les trois fours vont être éteints progressivement et les lignes de production de Nový Bor qui fonctionnaient encore, vont aussi être arrêtées. »

Cette faillite touche dans les 2 000 employés de quatre verreries : Nový Bor, Hostomice en Bohême du Nord, Vrbno et Karolinka en Moravie du Nord. Ces employés ne recevront même pas leurs salaires de décembre. A Nový Bor, le licenciement des employés de la verrerie fera grimper le taux de chômage jusqu’à 10 %. Le maire Jindřich Mareš craint que situation ne s’aggrave encore, car la faillite de la verrerie qui est le plus gros employeur de la région, touchera aussi ses sous-traitants et d’autres secteurs de l’économie régionale, comme le commerce, la restauration et d’autres services. Le taux de chômage pourrait ainsi atteindre les 20 %. Car avec les conséquences de la crise économique mondiale, d’autres entreprises sont obligées de limiter leur production et il devient très difficile de trouver un emploi. Le maire de Nový Bor, Jindřich Mareš, affirme que l’Etat devrait aider les entreprises verrières en difficulté, ne serait-ce que pour sauver une industrie traditionnelle tchèque. Pour Crystalex, il suffirait d’une subvention pour relancer la production jusqu’à l’achat de la société par un nouvel investisseur. Peu de chances de ce côté, car le ministre des Finances, Miroslav Kalousek, a déjà refusé de subventionner le Groupe Bohemia Crystalex Trading, à la fin de l’année dernière. L’Etat n’aidera pas les entreprises touchées par la crise mondiale par des injections financières, mais par le biais de crédits plus abordables, mais destinés surtout aux exportateurs. L’avenir s’annonce donc des plus sombres pour l’industrie du verre et du cristal de Bohême pourtant d’une renommée mondiale.

07-01-2009