Kiev : le Premier ministre tchèque défend l’intégrité territoriale de l’Ukraine

20-11-2019

En déplacement mardi à Kiev, Andrej Babiš a réitéré le soutien de Prague à la souveraineté de l’Ukraine sur l’ensemble de son territoire et a condamné l’annexion illégale de la Crimée par la Russie.

Andrej Babiš et Volodymyr Zelensky, photo: AP Photo/Efrem LukatskyAndrej Babiš et Volodymyr Zelensky, photo: AP Photo/Efrem Lukatsky Après un week-end fait de manifestation contre lui et de commémoration de la révolution de Velours, le chef du gouvernement tchèque est allé prendre un bol d’air de politique internationale à Kiev. Après son déplacement controversé en Turquie début septembre et un soutien trop appuyé à Recep Tayyip Erdogan, Andrej Babiš a souhaité marquer avec sa visite en Ukraine un « redémarrage » des relations tchéco-ukrainiennes.

C’est donc en défendant l'intégrité territoriale de l'Ukraine que le Premier ministre tchèque a entamé son court séjour à Kiev :

« L’Ukraine doit faire face à des problèmes qui sont pour nous inimaginables, à commencer par l’agression russe dans l'Est du pays et l’annexion illégale de la Crimée », a déclaré Andrej Babiš. Le conflit russo-ukrainien a déjà fait 13 000 morts en cinq ans et doit faire l’objet d’un sommet important le 9 décembre à Paris.

Pour ce déplacement à Kiev, le Premier ministre était accompagné par le ministre de l’Industrie, une importante délégation de chefs d’entreprise ansi que le président de la Chambre de commerce tchèque, Vladimír Dlouhý :

Vladimír Dlouhý (à droite), photo: Twitter Andreje BabišeVladimír Dlouhý (à droite), photo: Twitter Andreje Babiše « Il y a en Ukraine une stabilisation progressive de la situation économique et – espérons-le – de la situation politique également, ce qui créé des opportunités pour nos entreprises dans le secteur industriel et dans le secteur agro-alimentaire. »

Le président ukrainien a remercié le gouvernement tchèque « pour son aide financière dans le cadre de projets de développement de l'esprit d'entreprise, de la réforme de l'enseignement supérieur et du renforcement de la société civile ».

Le Premier ministre tchèque a invité Volodymyr Zelensky à venir participer à Prague à une réunion du groupe des pays de Visegrad, peut-être en mai prochain. Il a ajouté qu’il aimerait inviter l’ancien acteur devenu chef d’Etat au prochain festival du film de Karlovy Vary.

Bref, bonne ambiance apparemment à Kiev, sauf, comme le rapporte la télévision publique tchèque, quand une journaliste ukrainienne a posé une question sur le séjour du fils d’Andrej Babiš en Crimée – une affaire qui avait provoqué le dépôt d’une motion de censure contre son gouvernement l'année dernière à Prague.

Le Premier ministre tchèque a refusé de répondre. « C’est une affaire abjecte », a t-il déclaré plus tard, en ajoutant que son fils souffrait d’un handicap et qu’il avait été utilisé contre lui par ses adversaires.

20-11-2019