JO de Rio : quid des Tchèques ?

05-08-2016

Que peuvent attendre les Tchèques des Jeux olympiques qui s’ouvrent à Rio de Janeiro ce vendredi ? Malgré la délégation la moins nombreuse de son histoire en raison de l’absence d’équipe dans les sports collectifs, la République tchèque entend bien présenter, le 21 août prochain, lors de la cérémonie de clôture, un bilan semblable à celui d’il y a quatre ans à Londres, avec une dizaine de médailles. Mais sur quelles épaules reposent les principaux espoirs tchèques de podium ?

Andrea Hlaváčková et Mirka Knapková-Topinková, photo: ČTKAndrea Hlaváčková et Mirka Knapková-Topinková, photo: ČTK Si l’athlétisme est traditionnellement le sport roi aux JO, il pourrait l’être d’autant plus pour les Tchèques à Rio cette année. Barbora Špotáková peut ainsi littéralement entrer dans l’histoire. Déjà sacrée à Pékin en 2008 et à Londres en 2012, la lanceuse de javelot égalera son ancien entraîneur, le légendaire Jan Železný en cas de nouveau succès et de triplé. Dans l’histoire des Jeux, seuls deux sportifs tchèques, les inoubliables Věra Časlavská et Emil Zátopek ont fait mieux, avec onze médailles, dont sept d’or, pour la gymnaste à Tokyo et Mexico en 1964 et 1968, et cinq médailles, dont quatre d’or, pour le coureur de fond à Londres et Helsinki en 1948 et 1952.

Victime d’une fracture au pied en mars dernier lors d’un stage aux Canaries qui l’a handicapée tout au long du printemps, Barbora Špotáková se présentera toutefois à Rio avec pas mal d’interrogations sur son état de forme. Cinquième du concours des championnats d’Europe début juillet avec 62,66 mètres, la Tchèque avait alors admis qu’elle était encore très éloignée des performances qui, la saison dernière encore, lui avait valu de remporter la prestigieuse Ligue de diamant :

« J’ai très mal lancé tout au long de la finale. Je ne sais pas exactement ce qui m’a manqué, peut-être le fait de ne pas avoir pu beaucoup lancer ces derniers temps. Je reste optimiste pour les Jeux, mais je suis aussi prudente, car je sais que les médailles ne seront données à personne. Je ne crois pas aux miracles. Quand vous ne vous entraînez pas correctement pendant trois mois, comme cela a été mon cas, vous ne pouvez pas penser à de grandes performances. »

Barbora Špotáková, photo: ČTKBarbora Špotáková, photo: ČTK Un mois s’est toutefois passé depuis Amsterdam et Barbora Špotáková, qui s’apprête à participer à ses derniers Jeux à 35 ans, peut espérer avoir comblé suffisamment de retard dans sa préparation pour être en mesure de lutter pour une place sur le podium, et si possible la plus haute.

Double championne du monde en titre du 400 mètres haies, Zuzana Hejnová visera très haut également à Rio. Mais elle aussi freinée par une blessure au tendon d’Achille, la Tchèque, médaillée de bronze à Londres en 2012, a préféré faire l’impasse sur les championnats d’Europe pour se concentrer exclusivement sur les Jeux :

« C’est décevant, parce que les performances réalisées en finale à Amsterdam n’avaient rien d’extraordinaire. Je pense que j’avais les moyens de gagner. Mais je ne voulais pas que ma participation aux championnats d’Europe se fasse au détriment des Jeux. Je ne veux pas avoir de regrets à Rio. J’ai donc sacrifié les championnats d’Europe pour pouvoir aborder les Jeux dans la meilleure forme possible compte tenu des circonstances. »

Toujours en athlétisme, mais chez les hommes cette fois, les lanceurs de javelot Vítězslav Veselý, champion du monde à Moscou en 2013, et Jakub Vadlejch sont eux aussi candidats à un podium, tout comme éventuellement le spécialiste du 1 500 mètres Jakub Holuša.

Jiří Prskavec, photo: ČTKJiří Prskavec, photo: ČTK Dans les autres sports, les slalomeurs en canoë-kayak ne sont jamais revenus les mains vides de JO depuis la partition de la Tchécoslovaquie en 1993. Champions du monde en titre en kayak monoplace (K1), Jiří Prskavec et Kateřina Kudějová viseront logiquement très haut et tout autre résultat qu’une des trois premières places sera probablement considéré, ne serait-ce qu’à leurs yeux, comme une déception.

Toujours sur l’eau, mais en aviron cette fois, Miroslava Knapková-Topinková défendra son titre de championne olympique en skiff, une discipline dans laquelle Ondřej Synek a décroché deux médailles d’argent en 2008 et 2012. Ne lui manque donc plus que l’or.

Ondřej Synek, photo: ČTKOndřej Synek, photo: ČTK Tout cela sans oublier le judoka Lukás Krpálek, porte-drapeau tchèque pour la cérémonie d’ouverture et champion du monde en 2014 dans la catégorie des moins de 100 kilos, les joueurs de tennis malgré l’absence de Tomáš Berdych, ou encore les champions olympiques en titre du VTT, Jaroslav Kulhavý, et du pentathlon moderne, David Svoboda. Bref, la dizaine de médailles, objectif annoncé avant le début de ces Jeux, ne semble pas inaccessible…

05-08-2016