Ivan Hašek, l’homme à tout faire du foot tchèque

Récemment élu président de la Fédération tchèque de football, Ivan Hašek a annoncé, mardi, qu’il occuperait également les fonctions de sélectionneur de l’équipe nationale. L’ancien entraîneur de Strasbourg et de Saint-Étienne restera en place jusqu’à la fin de l’année et des éliminatoires à la Coupe du monde 2010. « A situation extraordinaire, solution extraordinaire » a-t-il déclaré pour justifier une décision inhabituelle.

Ivan Hašek, photo: CTKIvan Hašek, photo: CTK Peu après son arrivée à la tête du football tchèque, fin juin, une des premières décisions d’Ivan Hašek avait été de limoger le sélectionneur František Straka, dont le statut d’intérimaire ne l’a toutefois pas empêché de rentrer dans l’histoire puisqu’il ne sera finalement resté en poste que le temps d’un match amical contre Malte. Dans la foulée, Ivan Hašek avait sollicité Karel Jarolím, l’actuel entraîneur du Slavia Prague, lui proposant de prendre les rênes d’une équipe nationale bien mal en point. Mais à la surprise générale, Karel Jarolím, qui a été son assistant durant les deux saisons que Hašek a passées sur le banc de touche strasbourgeois, avait refusé, préférant donner la priorité à son travail dans le club double champion en titre de République tchèque.

Confronté à un cas de figure qu’il n’avait peut-être pas envisagé et face à l’urgence de la situation, Ivan Hašek a donc pris une décision qui n’a certes pas surpris grand monde tant elle avait souvent été évoquée par les médias ces derniers jours mais qui n’en demeure pas moins hors normes, ce dont est bien conscient l’intéressé :

« C’est une situation extraordinaire qui réclamait une décision rapide, extraordinaire. Ce n’est pas une décision standard, je le sais très bien, mais j’en prends la responsabilité. Je suis prêt à faire front aux critiques. D’un autre côté, il ne faut pas oublier ce qui est le plus important pour notre football actuellement et c’est la situation dans laquelle se trouve l’équipe nationale. Il faut donc que tout le monde se serre les coudes. Notre objectif prioritaire est de sauver ce qui peut encore l’être et de nous qualifier pour la Coupe du monde. Ce ne sera pas facile mais il n’y a rien de perdu. Je sens que tout le monde, les joueurs comme les gens autour de moi, pensent que cela est encore possible. Et je suis convaincu que tous ensemble, nous y parviendrons. »

Karel Brückner, photo: Ondřej Prokop / ČRoKarel Brückner, photo: Ondřej Prokop / ČRo Pour mener à bien cette mission de la dernière chance, puisque les Tchèques possèdent sept points de retard sur la Slovaquie dans leur groupe de qualification, Ivan Hašek ne sera toutefois pas seul. Il a en effet mis sur pied un staff technique important qui sera chargé de l’encadrement de l’équipe nationale et dans lequel on retrouve notamment l’ancien sélectionneur Karel Brückner. Récemment viré du poste de sélectionneur de l’équipe d’Autriche pour manque de résultats, celui qui avait mené la sélection tchèque pendant six ans de 2002 à 2008 revient donc aux affaires dans un rôle, cette fois, de conseiller. Un retour dont Ivan Hašek attend beaucoup :

« Je pense que c’est quelqu’un qui a beaucoup d’idées, d’énergie et de plans stratégiques dont peut profiter notre football. Je suis content de pouvoir collaborer avec lui. Monsieur Brückner a beaucoup d’expérience et il nous apportera un point de vue différent sur certaines choses car c’est quelqu’un d’extrêmement compétent. Il aura un rôle de conseiller, mais il participera également à tous les entraînements et interviendra surtout dans la préparation technico-tactique de l’équipe, pour les coups de pied arrêtés et ainsi de suite. »

A noter qu’un Français figure également dans ce nouvel encadrement de l’équipe nationale, il s’agit de Michel Dofour qui sera chargée de la préparation physique des joueurs. Mais pour ce qui est de la qualification ou non pour la Coupe du monde en Afrique du Sud, la responsabilité reposera, elle, uniquement sur les épaules d’Ivan Hašek.