Hommage à Doreen Warriner et à ses efforts pour sauver des Juifs en Tchécoslovaquie

02-05-2019

Ce lundi une plaque en hommage à Doreen Warriner a été dévoilée à l’entrée de l’hôtel Alcron à Prague. Le nom de cette ressortissante britannique était jusqu’ici méconnu ; elle a pourtant contribué à sauver des centaines de personnes dont des enfants juifs avec son célèbre compatriote Nicholas Winton à la fin des années 1930.

Ce lundi une plaque en hommage à Doreen Warriner a été dévoilée à l'entrée de l'hôtel Alcron à Prague, photo: ČTK / Vít ŠimánekCe lundi une plaque en hommage à Doreen Warriner a été dévoilée à l'entrée de l'hôtel Alcron à Prague, photo: ČTK / Vít Šimánek

A la petite cérémonie organisée devant l’hôtel de la rue Štěpánská où Doreen Warriner avait ses habitudes, il y avait certains de ces enfants qui ont fui la Tchécoslovaquie sans leurs parents, dans ce qu’on a appelle les Kindertransporte.

Aujourd’hui âgée de 93 ans, Ruth Hálová était dans un de ces trains partis de la gare Masaryk à destination de l’Angleterre via les Pays-Bas :

Ruth Hálová, photo: Ivana Šimánková, ČRoRuth Hálová, photo: Ivana Šimánková, ČRo « J’ai encore en mémoire le quai de la gare dont on s’éloignait, avec les visages remplis de larmes des parents qui nous regardaient partir. Nous les enfants, on ne l’a pas vécu aussi tragiquement, c’était un peu l’aventure parce qu’on n’avait pas conscience de ce qui pouvait arriver. On savait juste que si tout se passait bien on pourrait rentrer à la maison. Mais pour les parents, cela a dû être terrible. »

D’autres trains remplis d’enfants juifs sont partis de la gare principale de Prague, où statue et plaque rendent aujourd'hui hommage à l’organisateur de ce sauvetage de la dernière chance en 1938 et 1939 : Nicholas Winton, Juste parmi les nations, avec qui Doreen Warriner a travaillé pour établir des listes de personnes en danger, pour obtenir des visas et parfois aussi en faisant le voyage avec eux.

Henry Warriner, le neveu de Doreen, était à Prague pour la cérémonie :

Henry Warriner et Tomáš Petříček, photo: ČTK / Vít ŠimánekHenry Warriner et Tomáš Petříček, photo: ČTK / Vít Šimánek « Elle avait vécu dans les années 1930 à Prague, où elle avait travaillé dans l’économie et l’agriculture. Elle connaissait beaucoup de monde dans la politique et avait de nombreux amis à Prague. Après les accords de Munich, elle est revenue ici pour se rendre utile. Elle parlait tchèque, avait des contacts sur place et en Angleterre, où elle a pu obtenir de l’argent pour aider. Elle a très vite réalisé que les gens devaient quitter la Tchécoslovaquie sous peine d’être déportés en camps de concentration, donc qu’il ne s’agissait plus de prendre soin de réfugiés mais de les faire sortir – vers l’Angleterre – et convaincre les Britanniques de les accepter, ce qui n’était pas facile. »

Le chef de la diplomatie tchèque Tomáš Petříček a lui aussi tenu à rendre hommage à Doreen Warriner, qui, à l’instar de Nicholas Winton, ne s’était jamais vantée des efforts qu’elle avait déployés à la fin des années 1930 pour sauver des vies :

Doreen Warriner, photo: Archives de Henry WarrinerDoreen Warriner, photo: Archives de Henry Warriner « Ces gens ont risqué leur vie pour aider les autres. Ils travaillaient dans un contexte où ils étaient quotidiennement en danger. Ils ont aidé des centaines d’enfants tchèques à trouver refuge au Royaume Uni pour survivre à la guerre. C’est quelque chose qui est toujours valide aujourd’hui, bien que cela se soit passé il y a 80 ans. »

669 enfants juifs ont pu être sortis de Tchécoslovaquie grâce aux Kindertransporte. Une cérémonie à l’occasion du 80è anniversaire de l’organisation de ce sauvetage était organisée cette semaine au ministère des Affaires étrangères, tandis que ce jeudi marque Yom HaShoah, journée du souvenir de tous ceux qui n’ont pas survécu à la barbarie nazie.

Les noms de victimes sont lus publiquement à cette occasion jeudi après-midi dans plusieurs villes du pays, dont Prague, sur la place Jiřího z Poděbrad.

02-05-2019