Fête nationale : le président Klaus a invité les Tchèques à assumer leur passé

29-10-2004

En souvenir de la fondation de l'Etat tchécoslovaque indépendant, en 1918, le 28 octobre est célébré comme jour de fête nationale en République tchèque. L'occasion pour le président de la République de remettre des distinctions honorifiques à diverses personnalités, mais aussi de s'adresser à son peuple. Une tradition que n'a pas manqué de respecter Vaclav Klaus lors de ce 86e anniversaire :

Le  président Vaclav Klaus a célébré le 28 octobre, photo: CTKLe président Vaclav Klaus a célébré le 28 octobre, photo: CTK « Le 28 octobre est assurément la fête la plus significative pour notre pays. Je souhaiterais vivement que les citoyens considèrent cette journée comme la célébration de quelque chose, et pas seulement comme un jour férié tombant accidentellement pendant la semaine. Pour des générations entières de nos ancêtres, l'indépendance nationale a constitué un rêve et j'espère que les citoyens de notre pays la perçoivent de la même manière. Cette indépendance, nous l'avons obtenue voilà de cela 86 ans. Aujourd'hui, peut-être pensons-nous qu'il s'agit d'une évidence, mais pendant des siècles, ce ne fut pas une évidence. »

Au-delà du rappel du sens profond que représente la date du 28 octobre pour le pays, le président de la République a appelé ses concitoyens à assumer leur propre passé. « Si nous n'en sommes pas capables, nous ne pouvons assumer ni notre présent, ni notre avenir, ni même nous-mêmes. Notre névrose actuelle subsistera », a martelé dans la diction qui lui est propre Vaclav Klaus. Devant l'assemblée réunie au Château de Prague, le chef de l'Etat a rappelé que la compréhension du passé totalitaire du pays était indispensable à la marche en avant du pays. Sans vouloir oublier toutes les injustices commises sous le régime communiste et excuser ce qui est et restera « inexcusable », il a toutefois invité les Tchèques à ne pas se comporter en héros et à ne pas faire preuve « d'absolutisme et de fondamentalisme ». « Arrêtons de faire comme si nous devions être marqués d'un signe noir pour le restant de nos vies à cause de nos opinions ou prises de position. Ce n'est pas crédible », a souligné le chef de l'Etat.

Le  président Vaclav Klaus et Frantisek Fajtl, photo: CTKLe président Vaclav Klaus et Frantisek Fajtl, photo: CTK Pour concrétiser son discours, le président de la République a décoré de l'Ordre Tomas Garrigue Masaryk, premier président tchécoslovaque considéré par les Tchèques comme le père de la nation, Otakar Vinklar et le général Tomas Sedlacek, deux résistants au régime communiste persécutés, ou encore Arnost Kubik, qui a passé onze ans en prison après le coup d'Etat de 1948 et la prise du pouvoir par le Parti.

Au total, pas moins de vingt et une personnalités ont été décorées. Le parachutiste Rudolf Severin Krzak et le pilote d'avion Frantisek Fajtl ont reçu la plus haute distinction, l'Ordre du Lion blanc, pour leurs mérites pendant la Deuxième Guerre mondiale. Enfin, quinze autres personnalités, parmi lesquelles artistes, pédagogues, scientifiques et le champion olympique du décathlon à Athènes Roman Sebrle, ont reçu la Médaille du Mérite.

29-10-2004