Febiofest 2006 : vive le film!

03-04-2006

Quelques 100 000 spectateurs ont assisté à des centaines de projections présentées dans le cadre du Febiofest, festival du film, de la télévision et de la vidéo qui a pris fin, vendredi, à Prague. Arrivé à sa 13ème édition, cet unique panorama de films est devenu en quelque sorte un véritable phénomène de société. Alena Gebertova.

Ivan Passer, photo: CTKIvan Passer, photo: CTK D'abord à Prague et, dorénavant, dans six autres villes du pays, les cinéphiles tchèques ont pu et pourront encore découvrir des chefs-d'oeuvre de l'histoire du cinéma mondial et national, ainsi que des nouveautés du monde entier. S'étendant à Prague sur une dizaine de jours, le programme du Febiofest 2006 en offrait pour tous les goûts : des sections latino-américaines, asiatique, africaine, britannique et américaine, orientale ou européenne, une section de films sur la thématique gay et lesbienne. Très sollicités ont été les rétrospectives ou si vous voulez les profils des grandes personnalités du cinéma, dont en particulier celle de Michelangelo Antonioni. D'autres rétrospectives ont été consacrées, par exemple, au réalisateur tchèque Ivan Passer, fixé aux Etats-Unis, auteur du fameux « Eclairage intime », au cinéaste japonais Ryuichi Hiroki ou à Claude Lelouch, dont « Le Courage d'aimer » sort bientôt en salle. Le réalisateur français, venu en personne à Prague, s'est félicité du fait de voir présenter devant le public pragois une partie importante de son oeuvre :

« Les films ont toujours un accueil très différent par rapport à la France. C'est comme si je faisais toujours deux films différents, donc je suis toujours très intéressé de voir l'accueil du film sur le terrain d'origine et sur le reste du monde. En général, il y a toujours de grosses différences et ces différences m'intéressent. Mes films sont plus exotiques pour l'étranger que pour les Français ».

Claudia Cardinale, photo: CTKClaudia Cardinale, photo: CTK Claude Lelouch s'est vu, en outre, remettre le prix « Kristian », décerné pour sa contribution au cinéma international. Encore une autre grande figure du cinéma a été honorée du même prix, lors de la cérémonie de clôture du festival, celle à l'adresse de laquelle Ivan Passer a déclaré : « Vous confirmez que la véritable beauté est éternelle ». La comédienne Claudia Cardinale a su en effet charmer, même à 67 ans, et le public et les journalistes. Le seul regret pour les francophiles, c'était de l'entendre s'exprimer en anglais, à une petite exception près :

« Je suis née en Tunisie et, en Tunisie, c'était une colonie française, donc ma culture est absolument française. J'ai commencé à parler italiano à Roma ».

Comme chaque année et comme on peut le voir aussi au traditionnel festival du film de Karlovy Vary, ce sont les jeunes qui prédominaient parmi les spectateurs du festival Febiofest. Le prix unique d'un billet à 69 couronnes (l'équivalent de 2 euros) et toute sorte de manifestations d'accompagnement, concerts, expositions et autres, n'ont pu qu'augmenter son intérêt...

Le Febiofest à Prague terminé, c'est la ville de Plzen, chef-lieu de la Bohême occidentale, qui prend désormais la relève d'une grande manifestation cinématographique. Cette fois-ci, c'est le cinéma national qui est honoré. Quinze longs métrages et une vingtaine de courts métrages réalisés au cours de l'année écoulés s'y disputent les prix, des sections non compétitives étant également programmées.

03-04-2006