Ervin Schulhoff, un compositeur toujours moderne

Le jazz et le folklore - c'étaient deux sources d'inspiration importantes du compositeur tchèque, Ervin Schulhoff, né il y a juste 110 ans, dans une famille juive à Prague.

"J'étais fabuleusement passionné par les danses mondaines, écrit Ervin Shulhoff à Alban Berg, en 1921, et il y avait même des périodes, pendant lesquelles je dansais nuit après nuit, avec les filles de bar, purement par exaltation rythmique et subconscience sensuelle de la danse: cela a donné une impulsion phénoménale à ma créativité, car je suis incroyablement de ce monde d'une manière quasi animale."

Pourtant, au début, le jeune Schulhoff semble voué à une carrière de pianiste virtuose classique. C'est sur la recommandation d'Antonin Dvorak que cet enfant prodige, est reçu à l'âge de dix ans, au conservatoire de Prague, et il poursuivra ses études de piano et de composition à Vienne, à Leipzig et à Cologne sur le Rhin où il prendra quelques leçons de Claude Debussy. A 16 ans, il fait déjà, en Allemagne, sa première tournée de virtuose qui durera une année. Bien que ces premières compositions soient écrites dans le style du romantisme tardif, il se lancera bientôt dans l'interprétation des grands modernes dont Schönberg, Berg, Webern, Hindemith, Bartok et Haba, et subira une forte influence de Stravinski. Après la Première Guerre mondiale, il vit quelques temps en Allemagne pour revenir à Prague, en 1923. Il écrit des compositions de chambre où l'inspiration par le jazz est évidente, mais il se lance aussi dans d'importantes oeuvres symphoniques et scéniques dont Ogelada, un ballet-mystère, d'après une légende mexicaine, ou bien un ballet sur le mythe de Don Juan "Flammes" qui sera présenté à Brno, en 1932.