Enquête : 42% d’étudiants universitaires envisagent de travailler à l’étranger

25-09-2013

Le chômage des jeunes est un problème de longue date et de longue durée. L’agence Studenta Media a mené une enquête sur les attentes professionnelles des actuels étudiants universitaires, ainsi que sur la situation des jeunes diplômés tchèques. Vu que seulement 12% des étudiants s’orientent de façon sûre vers leur prochain métier, les autres s’informent de plus en plus sur les possibilités qui leur sont offertes. Et certains envisagent même de quitter la République tchèque.

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne 16% : tel est le taux de chômage des jeunes diplômés d’université, qui se situe paradoxalement au même niveau que le taux de chômage des titulaires du baccalauréat. Même s’il ne s’agit pas uniquement de personnes fraîchement diplômées, actuellement, près de 100 000 jeunes diplômés de l’éducation supérieure sont sans emploi. Les jeunes sortis des universités font traditionnellement partie des groupes de personnes, dont la recherche d’emploi est la plus laborieuse. Le taux de chômage des personnes de moins de 24 ans se situe aux alentours de 20%. Directeur de la société de recherche Studenta Media, Tomáš Rašner, précise, quels facteurs entrent le plus souvent en jeu, pour les étudiants à la recherche d’un emploi :

Tomáš Rašner, photo: StudentaTomáš Rašner, photo: Studenta « On dirait que les soi-disant aspects capitalistes sont toujours valables en République tchèque, tels que le montant du salaire ou la possibilité d’une croissance professionnelle. Ces critères continuent de dominer sur d’autres éléments, comme par exemple, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, ou le prestige du lieu du travail. »

Le critère « rémunération » reste également un facteur décisif. Mais si les jeunes diplômés s’attendent à obtenir un salaire de départ allant de 20 000 à 25 000 couronnes brut par mois (environ 800 à 1000 euros), ils acceptent toutefois de commencer à 15 000 couronnes brut (environ 600euros) ; une attitude pouvant refléter une approche réaliste face à la situation économique actuelle, ainsi qu’une adaptabilité de leurs attentes, face au développement à l’échelle européenne. La porte-parole du Bureau de travail, Kateřina Beránková fait savoir ce qui discrimine les jeunes diplômés:

« Prenant en compte, non seulement les diplômés des universités mais aussi ceux des autres établissements d’éducation supérieure, ils ont tous un inconvénient : ils n’ont pas d’expérience. Les manques d’habitudes liées au travail ainsi que ce peu d’expérience, les défavorisent sur le marché du travail. Car à l’heure d’une époque accélérée, les employeurs exigent que les candidats possèdent déjà une certaine expérience. Il est donc vraiment important, que même pendant leurs études, les étudiants participent de n’importe quelle manière, au processus de travail, que ce soit par le biais de petits boulots ou de CDD, afin qu’ils puissent obtenir ces expériences professionnelles. »

Photo: Archives de Radio PraguePhoto: Archives de Radio Prague Ceux qui peinent le plus à trouver un emploi dans leur domaine de spécialisation, sont traditionnellement les diplômés de philosophie. Au contraire, les métiers qui n’auraient pas de difficulté à fournir un premier poste sont les métiers dits de « renom », comme les médecins ou les avocats. Ces derniers sont relativement favorisés sur le marché du travail, dans la mesure où les étudiants peuvent avoir précédemment collaboré avec eux, et donc être entrés en contact plus facilement. Néanmoins, avant que les jeunes diplômés trouvent un premier poste, cela peut durer des semaines, des mois mais aussi des années. Kateřina Beránková :

« Tout dépend bien évidemment du domaine d’études, mais aussi de la région, où l’intéressé recherche un emploi. Si je fais référence à des chiffres concrets, alors à la fin du mois d’août, les employeurs offraient près de 9 900 postes de travail aux jeunes diplômés. Or, le nombre total de jeunes diplômés sans emploi a été de 32 000. Donc l’offre est bien évidemment moins élevée que la demande. »

Il semble également plus difficile de trouver un premier emploi en Bohême du Sud ou en Moravie du Sud, que dans la ville de Prague, par exemple. Mais c’est aussi du au fait que l’on offre plus d’emplois dans la capitale, par rapport aux autres régions.

Photo: Filip Jandourek, ČRoPhoto: Filip Jandourek, ČRo L’étude Studenta Media révèle également que près de 42% des étudiants universitaires envisagent de travailler à l’étranger. Pour Tomáš Rašner, il ne faut toutefois pas s’affoler, vu que les désirs des étudiants changent, mais les autorités concernées devraient néanmoins prendre en compte ce pourcentage, et en tirer des conclusions pratiques. Tomáš Rašner révèle quels sont les pays, que les étudiants universitaires signalent comme les plus attractifs pour y trouver un premier emploi :

« Incontestablement, il s’agit de pays anglophones. La Grande Bretagne est au sommet de cette liste, car près de 50% des étudiants l’ont indiqué en première place. Elle est suivie de près par les Etats-Unis et le Canada. Le seul pays à percuter ce bastion anglophone est l’Allemagne, avec près de 25% ».

Notons, que dès le mois de juillet, le Bureau du travail a mis en place une initiative visant à faciliter l’obtention d’expériences professionnelles des jeunes au sein des entreprises, lesquelles reçoivent en échange des subventions d’Etat. Près de 1000 places auraient déjà été assignées.

25-09-2013