Elections municipales et sénatoriales: confirmation du mouvement ANO, débâcle sociale-démocrate, affirmation de l’ODS

Les résultats des élections municipales et des sénatoriales partielles organisées ces vendredi et samedi sont désormais connus : ils confirment dans les grandes lignes ceux des législatives de l’année dernière. Le principal parti de la coalition gouvernementale, le mouvement ANO d’Andrej Babiš, arrive en tête dans la plupart des grandes villes, même s’il n’y dirigera pas forcément toutes les mairies. Son partenaire de coalition, la social-démocratie, s’effondre, tandis que le parti ODS s’affirme dans l’opposition.

Elections communales : ANO en tête dans les grandes villes, mais pas à Prague

Andrej Babiš, photo : ČTK / Michal KamarytAndrej Babiš, photo : ČTK / Michal Kamaryt Le mouvement ANO arrive premier des élections communales dans toutes les capitales de région de République tchèque, à l’exception notable de Liberec et surtout de Prague. Souvent, le principal concurrent de la formation du Premier ministre d’Andrej Babiš se trouve être le parti civique-démocrate ODS, lequel, impliqué dans de multiples affaires de corruption, a connu récemment plusieurs années difficiles alors qu’il était traditionnellement le principal parti à droite en République tchèque. Il a visiblement les atouts pour reprendre cette position, puisque les conservateurs de TOP 09 accusent eux de mauvais résultats.

Ces élections municipales sont également marquées par la confirmation de la débandade totale des partis de gauche. La social-démocratie, déjà très affaiblie lors des législatives de l’automne 2017, mais associée au mouvement ANO dans le gouvernement de M. Babiš, a connu une nouvelle déroute lors de ce scrutin, en recul presque partout. Les communistes et les Verts ont également vécu des élections très difficiles.

Photo : Ondřej HájekPhoto : Ondřej Hájek La victoire dans les grandes villes du mouvement ANO ne doit pas cacher les difficultés qu’aura la formation du Premier ministre à diriger les mairies de ces municipalités. Une phase complexe de négociations s’ouvre et les stratégies de l’ODS, mais aussi du parti des Pirates, qui réalise des bons scores dans les métropoles du pays, seront déterminantes pour composer des coalitions municipales. En termes de nombre de conseillers municipaux, ce sont d’ailleurs les chrétiens-démocrates qui l’ont emporté à l’échelle de la République, devant le parti ODS, les sociaux-démocrates et… le mouvement ANO.

La situation est inédite à Prague, où cinq partis se partagent presque équitablement les sièges du conseil municipal avec des scores compris entre 15 et 18 % : l’ODS, les Pirates, le nouveau mouvement Praha sobě, dont la campagne a été très visible, la coalition des « Forces alliées pour Prague » (avec des chrétiens-démocrates, TOP 09 et STAN) et ANO. Les Pirates, Praha sobě et les « Forces alliées » discuteraient déjà d’une possible coopération.

La participation s’est élevée à 47 % pour ces élections municipales. C’est peu mais c’est un chiffre supérieur de presque trois points au taux de participation enregistré en 2014.

Sénatoriales : Jiří Drahoš élu dès le premier tour ; succès des candidats ODS

Jiří Drahoš, photo : ČTK / Roman VondroušJiří Drahoš, photo : ČTK / Roman Vondrouš Les Tchèques votaient également ces vendredi et samedi pour renouveler un tiers des sénateurs, c’est-à-dire 27 sièges de la Chambre haute du Parlement. Deux candidats ont été élus dès le premier tour : il s’agit du finaliste malheureux à la dernière présidentielle, Jiří Drahoš, en tête à Prague 4, et du chrétien-démocrate Jiří Čunek, dont la longue page Wikipédia est consacrée pour moitié aux « controverses » qui entourent le personnage, et qui a été réélu dans sa région de Vsetín.

Le parti ODS sort vainqueur du premier tour de ce scrutin. Il aura treize candidats (dont trois soutenus également par d’autres formations politiques) au second tour de ces élections, qui se déroulera le weekend prochain. Le mouvement ANO s’en sort également plutôt bien, avec dix finalistes. Seulement neuf d’entre eux, toutefois, sont arrivés en tête au premier tour.

Les sociaux-démocrates sont là aussi en difficulté. Ils comptaient treize sénateurs sortant dans ces élections et, à l’issue du second tour, ils ne pourront plus au maximum qu’en avoir cinq.

Plus faible que pour les municipales, la participation à ces sénatoriales partielles a été d’environ 42 %.