Election du nouveau maire de Prague

Retour aujourd’hui, sur le premier conseil municipal mouvementé de la ville de Prague, premier conseil depuis les élections d’octobre. C’est au terme d’une demi-journée de manifestations d’opposants qu’a fini par être élu le nouveau maire de Prague, Bohuslav Svoboda, du parti ODS, avec le soutien de l’opposition social-démocrate.

Bohuslav Svoboda, photo: CTKBohuslav Svoboda, photo: CTK Résultat d’un accord de coalition entre les deux partis qui devraient être frères ennemis, cette élection de Bohuslav Svoboda à la tête de la capitale tchèque, ainsi que celle de son conseil municipal, ne recueille pas les faveurs de tout le monde. En octobre dernier, c’est le parti TOP 09, représenté par l’ancien directeur de la Banque centrale, Zdeněk Tůma, qui avait remporté la majorité des voix des Praguois. Suite à la conclusion de l’accord ODS-CSSD, une iniative citoyenne a vu le jour, demandant le respect du choix des électeurs. Václav Němec est un des auteurs de la pétition intitulée « L’appel de novembre », soutenue par les manifestants venus protester devant la mairie. Il rappelle les motivations des opposants :

Bohuslav Svoboda, photo: CTKBohuslav Svoboda, photo: CTK « Nous ne remettons pas en cause les élections qui ont été démocratiques. J’ai moi-même dit lors de mon discours devant le conseil municipal que nous ne remettons pas en cause le droit des partis à former une coalition, mais que cette coalition-ci a un contexte particulier et une histoire en amont. C’est la raison du manque de confiance des Praguois vis-à-vis de la mairie. Le message des électeurs était clair : ils veulent un changement. L’ODS a eu un résultat qui aurait dû lui indiquer ce que veulent les électeurs. Ils n’avaient pas à se frayer un chemin à la tête de la ville au vu de la chute de leurs résultats. J’ai déjà dit clairement que nous ne soutenons aucun parti, c’est une initiative citoyenne. »

Durant la matinée de mardi, la première réunion du conseil municipal a été chahutée par les manifestants, parmi lesquels se trouvait également l’ancien président tchèque Václav Havel qui, pas mécontent de cet engagement citoyen, espère que les protestations serviront d’avertissement au nouveau conseil municipal pour plus de prudence à l’avenir :

Václav Havel et Zdeněk Tůma, photo: CTKVáclav Havel et Zdeněk Tůma, photo: CTK « C’est bien que les citoyens fassent savoir qu’ils ne sont pas indifférents à ce qui se passe à Prague et c’est bien de le faire de manière correcte. »

Toutefois, après quelques incidents à l’intérieur de la mairie, celle-ci a fermé ses portes laissant place au vote du nouveau maire. Bohuslav Svoboda, candidat ODS, a ainsi été élu à 33 voix contre 27, avec deux abstentions. Et la coalition ODS-CSSD a également pu faire élire sans difficulté ses candidats aux postes de conseillers municipaux.

En attendant, les opposants à la coalition n’excluent pas de revenir manifester au prochain conseil municipal de Prague. La pétition a, en deux semaines recueilli près de 23 000 signatures, un chiffre important, qui n’a toutefois pas semblé perturbé le nouveau maire de la ville de Prague, Bohuslav Svoboda :

Bohuslav Svoboda, photo: CTKBohuslav Svoboda, photo: CTK « Je ne veux pas rentrer dans une polémique pour savoir si ces signatures ont été vérifiées, si les personnes existent vraiment. Je ne veux dire qu’une seule chose : la coalition ODS-CSSD a été élue par près d’1 400 000 voix. C’est cela qui est essentiel. Je n’ai qu’une seule obligation : laisser toutes les voix discordantes s’exprimer, c’est pourquoi j’ai laissé les portes ouvertes à la mairie, c’est pourquoi ces personnes ont pu être présentes et exprimer leur opposition par des moyens à la limite du supportable. »

En tout cas, pour l’heure, la ville de Prague s’apprête à revivre quatre autres années avec l’ODS au pouvoir.