Egyptologie : nouvelles trouvailles pour une équipe tchèque sur le site de Saqqarah

Une équipe de l'Insitut d'égyptologie de l'Université Charles vient de découvrir la tombe d’un dignitaire de l’Egypte ancienne sur le site de Saqqarah, à proximité du Caire. Les recherches ont également permis de résoudre une vieille énigme et d’identifier une reine, la reine Setibhor, épouse du roi Djedkarê.

Le complexe de pyramides de la reine Setibhor, photo: Peter Janosi / Institut tchèque d'égyptologieLe complexe de pyramides de la reine Setibhor, photo: Peter Janosi / Institut tchèque d'égyptologie

Il y a l’égyptologie version Hollywood, avec Indiana Jones ou avec l’animateur de la chaîne Discovery, qui vient de faire ouvrir en direct un sarcophage vieux de 2500 ans.

Le nom de la reine Setibhor écrit en hiéroglyphes sur l'une des colonnes, photo: Mohamed Megahed / Institut tchèque d'égyptologieLe nom de la reine Setibhor écrit en hiéroglyphes sur l'une des colonnes, photo: Mohamed Megahed / Institut tchèque d'égyptologie Il y a aussi l’égyptologie version tchèque, plus discrète mais réellement efficace, qui vient de révéler des découvertes remarquables à une trentaine de kilomètres de la capitale égyptienne.

C’est dans le secteur sud du site classé de Saqqarah que l’équipe de l’institut d’égyptologie de l’Université Charles a concentré ses efforts. Sa première découverte, révélée la semaine dernière, est le nom de la reine Setibhor écrit en hiéroglyphes sur l’une des colonnes d’un complexe de pyramides dont on n’ignorait jusqu’ici le propriétaire.

Mohamed Megahed, photo: Institut tchèque d'égyptologieMohamed Megahed, photo: Institut tchèque d'égyptologie Mohamed Megahed, titulaire d’un doctorat de l’université Charles, a dirigé cette équipe tchèque à l’œuvre sur place :

« Nous pensons désormais que ce complexe de pyramides de la reine Setibhor a été édifié par son époux le roi Djedkarê. Il s’agit du plus imposant complexe bâti pur une reine dans l’Ancien empire. Il y a des traits architecturaux qui permettent de penser que sa pyramide et celle de son épouse ont été construites ensemble. »

« La taille de la pyramide de la reine et de son temple nous amène à croire qu’elle a joué un rôle important dans la vie de ce roi, probablement en l’aidant à accéder au trône. Son temple est vraiment unique en son genre. »

Le roi Djedkarê est le huitième et avant-dernier souverain de la Ve dynastie d'Égypte. Connu en grec sous le nom de Tancheres, son règne est daté entre 2381 à 2353 avant notre ère.

La tombe du roi Djedkarê, photo: Sandro Vannini / Institut tchèque d'égyptologieLa tombe du roi Djedkarê, photo: Sandro Vannini / Institut tchèque d'égyptologie

C’est approximativement à cette même période qu’aurait vécu le nommé Khuwy ou Khuy, dont l’équipe tchèque vient de découvrir la tombe – une découverte assez exceptionnelle selon l’égyptologue française Emilie Martinet :

« Ce qui est important c’est la découverte de ce sarcophage qui, bien que détruit, contient des restes du corps momifié de la personne inhumée. Bien souvent on ne trouve pas de restes quand le sarcophage a été détruit. La tombe a été hélas pillée, dans l’antiquité certainement. Ce n’est pas un vizir, ni un haut fonctionnaire mais ce Khuwy appartenait quand même à l’élite, comme le prouve les décorations de sa tombe et ses titres, notamment le titre d’ « ami unique » qui prouve un rang relativement élevé. »

Lors de cette dernière mission fructueuse sur le site de Saqqarah, l’équipe tchèque a accompli également d’importants travaux de consolidation et de restauration.

Les chercheurs de l’Université Charles prévoient d’y retourner à l’automne prochain pour continuer leur travail.

La tombe de Khuwy, photo: Hana Vymazalová / Institut tchèque d'égyptologieLa tombe de Khuwy, photo: Hana Vymazalová / Institut tchèque d'égyptologie