Economies au ministère de l’Education : l’utilisation des fonds européens menacée

02-09-2010

30% des personnes qui gèrent les fonds européens au ministère de l’Education devraient être licenciées prochainement selon le ministre Josef Dobeš. Une décision qui peut surprendre, alors que la Commission européenne considère, au contraire, qu’il faut renforcer le personnel.

Josef Dobeš, photo: CTKJosef Dobeš, photo: CTK Des coupes budgétaires sont à prévoir au ministère de l’Education. A cet effet, le ministre Josef Dobeš a annoncé vouloir licencier jusqu’à 30 % du personnel qui s’occupe des fonds structurels européens. Et ce au nom de plus d’efficacité administrative, comme l’explique Josef Dobeš :

«Lors du dîner avec le président letton, j’ai parlé avec son Premier ministre des fonds européens. Cela m’a beaucoup intéressé, et elle m’a dit qu’il fallait des gens compétents et expérimentés. Il ne s’agit donc pas uniquement du nombre de personnes mais celles-ci doivent avoir les compétences de base pour leur poste. C’est également la direction que nous devons emprunter. »

Les moyens proposés pour renforcer l’efficacité administrative ont cependant été mis en doute par la Commission européenne. En effet, selon un document que s’est procuré la radio publique tchèque, l’exécutif européen considère que les effectifs devraient être renforcés, et ce à hauteur de 70 personnes supplémentaires. Depuis, le ministre Dobeš a précisé que certains licenciés pourraient être remplacés. L’institution européenne a toutefois aussi mis en garde la République tchèque, le remplacement d’un si grand nombre de fonctionnaires expérimentés pouvant nuire à l’efficacité de l’utilisation des fonds. En effet, la formation des nouveaux arrivants prend beaucoup de temps en raison de la technicité des dossiers.

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne Cette proposition intervient alors que la République tchèque est à la traîne par rapport aux autres pays européens dans l’utilisation des fonds structurels. Dans un rapport d’avril dernier, la Commission a noté que le taux de dépense des fonds structurels par la République tchèque n’était que de 21%, soit 6 points en dessous de la moyenne européenne. Ces fonds ont été alloués pour les années 2007-2013 et sont perdus par le pays s’ils ne sont pas dépensés avant la fin de cette période.

Les autres membres du gouvernement tchèque ont été plutôt critiques vis-à-vis de la proposition de Josef Dobeš, à l’instar du premier adjoint au ministre du Développement local, Daniel Braun :

« Je pense que les conséquences sur le budget de l’Etat sont minimes car 85% des salaires de ces employés sont financés par les fonds européens. Seuls 15% sont à la charge de l’Etat. »

Miroslav Kalousek, photo: CTKMiroslav Kalousek, photo: CTK Pour le ministre des Finances, Miroslav Kalousek, si des économies sont nécessaires dans chaque ministère, elles ne doivent toutefois pas nuire aux possibilités de puiser dans les fonds européens :

« Ça reste une grande priorité. Sinon cela signifie que de nombreuses couronnes ne seront pas utilisées. Et c’est dommage. Cela a été dit à plusieurs reprises au gouvernement, et cela ne vient pas uniquement de moi mais du Premier ministre et de nombreux autres ministres. »

La République tchèque a encore trois ans pour dépenser les 80% des fonds européens qui lui sont réservés.

02-09-2010