Du sang neuf pour le parti chrétien-démocrate tchèque

22-11-2010

Un changement radical de politique et le rajeunissement de sa présidence - tels ont été les thèmes principaux du congrès du parti chrétien-démocrate tchèque (KDU-ČSL) qui s’est tenu ce week-end dans la ville de Žďár nad Sázavou. Les délégués ont élu la nouvelle présidence du parti et ont fermement critiqué la politique du KDU-ČSL ayant abouti au départ des chrétiens-démocrates de la Chambre des députés.

Photo: CTKPhoto: CTK Jusqu’aux dernières élections législatives les chrétiens démocrates avaient fait partie de plusieurs cabinets qui ont gouverné le pays depuis la fondation de la République tchèque en 1993. Lors des législatives de mai dernier, le KDU-ČSL n’a cependant pas dépassé le seuil des 5 % nécessaires pour entrer dans la Chambre des députés et s’est retrouvé en marge de la scène politique. Il n’est donc pas étonnant que la réaction à cet échec électoral soit devenue un grand thème du congrès et qu’elle se soit reflétée aussi dans le discours de la présidente intérimaire sortante du KDU-ČSL Michaela Šojdrová :

Michaela Šojdrová, photo: CTKMichaela Šojdrová, photo: CTK « Nous n’avons pas réussi à renverser la tendance à la baisse du nombre de nos électeurs en Bohême et dans les grandes villes. Nous n’avons pas réussi à arrêter la baisse du nombre de nos membres qui dans notre cas équivaut aussi à une baisse du nombre de voix. Au cours d’une année et demie, une importante partie de ses membres a quitté le KDU-ČSL pour adhérer au parti TOP 09. »

C’est la création du nouveau parti TOP 09 présidé par l’actuel ministre des affaires étrangères Karel Schwarzenberg qui a fait saigner le KDU-ČSL en provoquant des désertions massives de ses membres. Le parti a en outre perdu beaucoup d’électeurs à cause des scandales liés avec la personne de son ancien président Jiří Čunek ainsi qu’à cause de son engagement dans le cabinet du premier ministre Mirek Topolanek et de son incapacité à formuler nettement sa politique. Tout cela devrait maintenant changer avec la personne du nouveau président du KDU-ČSL, Pavel Bělobrádek, un vétérinaire de 33 ans pratiquement inconnu du grand public, élu ce samedi par 280 des 425 délégués présents au congrès :

Pavel Bělobrádek, photo: CTKPavel Bělobrádek, photo: CTK « Le KDU-ČSL est en crise et cela dure déjà depuis longtemps. Depuis longtemps nous perdons les sympathies de notre électorat. Je pense qu’il faut procéder énergiquement à des changements dans le style de notre communication avec nos électeurs, et aussi à des changements structurels au sein de notre parti, et démontrer clairement que la Parti chrétien-démocrate existe. Il faut dire ce qu’il veut. »

D’après son nouveau président, le KDU-ČSL doit donc être un parti de centre droit qui mettra l’accent sur la dimension humaine et sociale de la politique :

« Nous voulons être une alternative à l’actuel gouvernement libéral, et je dirais presque brutal, qui procède à des coupes budgétaires même dans les secteurs où cela ne profite pas à la société. Nous voulons être une alternative non socialiste. Nous voulons dire à nos électeurs que le KDU-ČSL cherche à imposer le principe de subsidiarité, que l’Etat n’est pas ici pour s’occuper de ses citoyens mais pour créer les conditions nécessaires afin que chacun puisse s’occuper de soi-même. »

Et Pavel Bělobrádek de souligner qu’à la différence de la politique du gouvernement libéral actuel, le KDU-ČSL est décidé à aider ceux qui ne peuvent pas s’occuper d’eux-mêmes. Les mois à venir démontreront si les chrétiens-démocrates tchèques seront capables de remplir ces promesses et si cela sera suffisant pour leur rendre au moins une partie de leurs sympathisants.

22-11-2010