Devant le Parlement européen, Václav Havel a critiqué l’euroscepticisme de Václav Klaus

12-11-2009

Invité dans le cadre d’un débat sur le thème «Qu’est-ce que l’Europe signifie pour moi», débat organisé à l’occasion des célébrations du 20e anniversaire de la chute des régimes communistes en Europe centrale et orientale, Václav Havel a prononcé, mercredi, devant le Parlement européen un discours qui a marqué les esprits. L’ancien président tchèque, grande figure de la révolution de 1989, a notamment critiqué son successeur au Château de Prague, Václav Klaus, pour ses positions eurosceptiques.

Václav Havel et Jerzy Buzek, photo: CTKVáclav Havel et Jerzy Buzek, photo: CTK Comme le remarque en une de son édition de jeudi le quotidien Hospodařské noviny, la République tchèque était représentée, mercredi, à Bruxelles, par un président que l’Union européenne préfère aujourd’hui nettement écouter que Václav Klaus. Aux côtés de Jerzy Buzek, ancien responsable important du mouvement Solidarnosc en Pologne devenu depuis président du Parlement européen, Václav Havel a ouvert la session par un plaidoyer pour une Europe solidaire. L’ancien dissident devenu président de la Tchécoslovaquie a rappelé que l’Europe ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans la disparition du rideau de fer et sans la main tendue par l’Ouest aux nouveaux pays d’Europe centrale et de l’Est. C’est donc un appel à l’humanisme que Václav Havel a prononcé :

Václav KlausVáclav Klaus « Les plus grands soucis que l’Union européenne a aujourd’hui avec nous valent la peine d’être acceptés. Dans ce contexte, une seule chose peut être demandée à l’Europe : de faire preuve de compréhension et de patience. »

Partisan d’une intégration encore plus importante, Václav Havel estime que l’UE devait être un exemple, une source d’inspiration pour le reste du monde dans sa volonté de construire des relations égales et loyales entre les pays et leurs peuples. Sans jamais citer le nom de l’actuel chef de l’Etat, il a clairement visé Václav Klaus lorsqu’il a affirmé que ceux qui considéraient que la politique menée par Bruxelles visait à endommager les intérêts nationaux, avaient faux sur toute la ligne. Lors de sa signature à contrecœur du Traité de Lisbonne, la semaine dernière, le président Václav Klaus avait déclaré qu’avec l’entrée en vigueur du document et le transfert de compétences qui en découlait, la République tchèque cessait d’être un Etat souverain. Des propos que Václav Havel a désavoués, estimant au contraire que la souveraineté nationale et la souveraineté européenne devaient se compléter : Václav Havel, photo: CTKVáclav Havel, photo: CTK

« Ce n’est pas parce que je me sens Européen que je cesse d’être Tchèque. Au contraire, en tant que Tchèque, je suis aussi un Européen. Et l’Europe est la patrie de toutes nos patries. »

Sans surprise, c’est donc sous les applaudissements des députés européens debout que Václav Havel a achevé son discours. Au même endroit, il y a quelques mois de cela, en pleine présidence tchèque, c’est à l’inverse sous les sifflets d’une partie du Parlement que Václav Klaus avait critiqué le déficit de démocratie de la construction européenne et regrettait que l’Europe soit la seule alternative pour son pays.

12-11-2009