Deux anciens dirigeants communistes devant le tribunal

Jozef Lenart et Milous Jakes, photo: CTKJozef Lenart et Milous Jakes, photo: CTK Milous Jakes, 80 ans, et Jozef Lenart, 79 ans, faisaient, avant la Révolution de velours, une brillante carrière politique. Aujourd'hui, treize ans après la chute du régime qui était le leur, les voilà devant le tribunal, accusés de haute trahison... Du jamais vu depuis la chute du communisme : les principaux protagonistes du procès qui s'ouvre ce lundi, Milous Jakes, Secrétaire général du Parti communiste tchécoslovaque en 1989, et Jozef Lenart, Premier ministre tchécoslovaque des années 60, sont les tout premiers représentants de l'ancien régime inculpés de haute trahison à comparaître devant la justice. Les deux retraités, fixés à Prague, risquent d'être condamnés à perpétuité. Pourquoi ? En 1968, ils auraient essayé de légaliser l'occupation soviétique de la Tchécoslovaquie, par la création d'un gouvernement ouvrier-paysan. Et les collaborateurs de Jakes et Lenart qui ont participé, eux aussi, à la formation du gouvernement ? Soit ils sont morts, soit installés en Slovaquie. A l'exception de Karel Hoffman, alors chef du Bureau des communications, qui a tenté, au cours de l'invasion, d'interrompre la radiodiffusion. Si ses collègues Jakes et Lenart sont condamnés, il suivra, probablement, leur sort. "L'année 1968 est traumatisante pour toute la société. Et elle le sera encore pendant plusieurs décennies. Nous avons fait le maximum pour élucider cette affaire", a déclaré, à la veille du procès, Jan Srb du Bureau de documentation et d'enquête sur les crimes du communisme.