Décathlon a ouvert son premier magasin en République tchèque

L’enseigne sportive Décathlon a ouvert, jeudi, à Liberec, son premier magasin en République tchèque. Présente depuis quelques années déjà en Pologne et en Hongrie notamment, le groupe français Oxylane poursuit ainsi son expansion en Europe centrale et orientale. Et si le géant européen des articles de sport projette de se développer dans un proche avenir également dans les autres grandes villes tchèques, ce premier magasin à Liberec est déjà, avec ses 4 000 m2 de surface de vente, le plus grand du genre dans le pays. Directeur général de Décathlon en République tchèque, Grégory Lourdel se réjouit de cette ouverture :

 « Ca représente effectivement d’abord un grand plaisir. Personnellement, cela fait trois ans que je suis arrivé en République tchèque. A l’époque, ma première mission était d’abord de déterminer si Décathlon était viable ou pas ici. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre qu’on avait une vraie opportunité : d’abord parce que c’est un pays qui, au niveau de son développement économique, est largement en avance par rapport à la moyenne des pays d’Europe de l’Est, et ensuite parce que, étant moi-même sportif, j’ai vite découvert que la culture sportive y était vraiment très importante.Photo: CTKPhoto: CTK Après, avec un œil plus professionnel, en regardant les gammes de nos concurrents, et notamment leurs prix, je me suis dit que si j’arrivais à vendre un peu moins cher qu’eux, ce qui à mon avis est largement possible, il y aurait une fantastique opportunité pour nous. »

-Pourquoi Décathlon n’est-il pas arrivé plus tôt en République tchèque ? Cela peut paraître un peu surprenant alors que plus de vingt ans sont passés depuis la révolution et que certains de vos concurrents sont présents depuis très longtemps.

Photo: CTKPhoto: CTK « Cela fait longtemps que la République tchèque est désirable pour nous. Mais il y a deux éléments dont il nous faut tenir compte quand on choisit un pays : la désirabilité et la faisabilité. Il y a d’abord la désirabilité, c’est-à-dire le marché, les concurrents, en gros le volume de chiffre d’affaires que l’on peut espérer faire en dix ou vingt ans. Ensuite il y a la faisabilité : ce sont les opportunités foncières, les partenaires locaux, le fait que le pays fasse partie de l’Europe, s’il y a une zone douanière, etc. Tout cela crée des contraintes techniques qui font qu’un pays est plus ou moins facile. En République tchèque, Décathlon est la seule entreprise du groupe Auchan à être présente. Forcément, cela rend la faisabilité plus longue. C’est la première explication à notre absence jusqu’à présent sur le marché tchèque. Elle est importante car si la faisabilité s’est avérée meilleure ces dernières années, la désirabilité, elle, est bien présente depuis au moins une dizaine d’années. Ensuite, c’est aussi une question de choix d’investissement faits par les entreprises. Certains pays sont prioritaires. Dans notre cas, nous avons eu de gros investissements en Chine, en Russie et dans d’autres pays d’Europe de l’Est. La République tchèque arrive donc dans la foulée, un peu tard effectivement, mais pas trop tard. »

-Pourquoi ouvrir votre premier magasin à Liberec ? On pourrait penser que la logique aurait voulu que cela se fasse d’abord à Prague.

 « Prague, évidemment, reste une ville extrêmement importante sur laquelle on travaille activement. Liberec, ce sont deux choses : c’est d’abord une ville très sportive et reconnue comme telle. Il n’y a pas besoin de se promener longtemps dans le cœur de la ville ou dans les montagnes pour s’en rendre compte. Il y a toutes sortes d’infrastructures sportives et les habitants de la région de Liberec sont très sportifs. Après, il y a eu une dimension d’opportunité : on a négocié et obtenu peut-être plus vite qu’ailleurs les autorisations nécessaires. Mais ce qui reste important, c’est d’ouvrir le plus vite possible de nouveaux magasins dans d’autres villes. Ce sera le cas à Ostrava au printemps prochain, puis à Most et à plus ou moins long terme dans toutes les grandes capitales régionales. »

-Liberec est une région de sports d’hiver. Est-ce un élément dont vous tenez compte dans votre offre ?

Photo: CTKPhoto: CTK « Chaque magasin est responsable de sa propre politique commerciale, donc de son offre. Comme c’est le premier magasin, on n’a pas beaucoup d’historique, ni de feedback, on a donc essayé d’analyser ce qui se passait, de regarder les clients pratiquer du sport pour savoir comment on avait envie d’organiser notre magasin. Mais des adaptations seront encore faites dans les prochains mois et prochaines années au niveau du magasin, peut-être pour baisser certaines gammes dans certains rayons en raison de la faible demande locale, et puis parallèlement pour élargir la gamme sur d’autres rayons. Mais déjà, à Liberec, on a logiquement un univers Montagne important. Il le sera de toute façon toujours partout en République tchèque. »