De nouveaux prêts pour les entreprises tchèques investissant dans les pays en développement

Le ministère des Affaires Etrangères a dévoilé cette semaine un plan destiné à favoriser l’investissement dans les pays en développement. Les entreprises tchèques installées en Asie ou en Afrique pourront emprunter jusqu’à 25 millions de couronnes (près d’un million d’euros), dans l’espoir de favoriser la création d’emploi sur place.

Photo illustrative: © UNICEF Ethiopia/2014/Bizuwerk, CC BY-NC-ND 2.0Photo illustrative: © UNICEF Ethiopia/2014/Bizuwerk, CC BY-NC-ND 2.0 Investir dans les pays en développement plutôt que simplement donner de l’argent, c’est la philosophie d’un plan dévoilé par le ministre tchèque des Affaires étrangères mardi dernier. L’idée, qui a fait son chemin à Bruxelles depuis le début de la crise migratoire, semble particulièrement pertinente si l’on considère que l’Union européenne souhaite créer dix millions d’emplois sur le continent africain dans les cinq prochaines années. Dans la lignée des ambitions de l’UE, ce plan tchèque est une première en Europe centrale.

Le but du ministère des Affaires étrangères est de débloquer plus facilement des fonds pour les entreprises tchèques investissant dans des marchés à haut risque que peuvent représenter certains pays en développement. 50 millions de couronnes tchèques ont été insufflées dans ce plan, et les entreprises peuvent demander jusqu’à 25 millions de couronnes par investissement.

Ce fonds d’investissement étant destiné aux entreprises tchèques, les sociétés de pays cibles ne peuvent pas y prétendre… pour l’instant. Le projet est amené à évoluer en cas de succès et en fonction de la demande.

Tous les secteurs sont potentiellement concernés, même si le vice-ministre des Affaires étrangères Martin Tlapa encourage surtout les entreprises liées à l’agriculture, à la santé et à la gestion de l’eau.

Martin Tlapa, photo: Filip Jandourek, Archivo de ČRoMartin Tlapa, photo: Filip Jandourek, Archivo de ČRo « Je pense que dans des secteurs comme la santé ou l’équipement médical, les entreprises tchèques sont très compétitives. Traditionnellement, une composante importante de notre coopération avec l’Afrique, c’est l’agriculture, les technologies agricoles, l’agroalimentaire, mais aussi le traitement et la gestion de l’eau. Après, il est possible qu’on change de stratégie et qu’on accorde des fonds simplement en fonction de la demande. Mais ces secteurs sont en haut de la liste des entreprises potentiellement intéressées par le projet. »

Martin Tlapa assure que les prêts seront accordés aux entreprises présentant un plan d’affaires solide et d’un ancrage suffisant dans le pays d’installation.

Lors de la présentation de ce nouveau programme, le vice-ministre et son équipe avaient rendez-vous avec des représentants du commerce tchèque et du secteur bancaire. Certains d’entre eux ont rappelé que beaucoup d’entreprises tchèques font une demande de prêt à l’étranger, par l’intermédiaire de leurs filiales locales, tandis que le plan du ministère n’est destiné qu’aux entités tchèques. Ce qui pourrait, selon quelques banquiers commerciaux, ralentir la procédure. Martin Tlapa indique cependant que, pour cette première étape du projet, l’idée est de se concentrer sur quelques secteurs essentiels.

« Evidemment, quelques banques veulent être plus ambitieuses. Par exemple, elles veulent financer des filiales tchèques à l’étranger directement. Parfait, nous sommes ouverts à la discussion. Mais ce n’est que le début ! Commençons avec quelques secteurs majeurs et voyons quelles sont les retombées du côté tchèque. N’oublions pas que nous avons un problème lié au faible nombre d’entreprises qui souhaitent investir dans les pays en développement et en Afrique. Donc c’est juste une première étape. Mais si ça marche bien, le gouvernement sera parfaitement ouvert à un développement de ce plan. »

Les entreprises intéressées pourront déposer une candidature à partir du 8 avril prochain.