Un croissant de lune au-dessus de Prague : un festival sur le passé et le présent de « l’Orient »

Les aventures des marins qui ont sillonné l’Océan Indien au Xe siècle, la femme dans la société iranienne aujourd’hui ou encore la Syrie vue par une artiste plasticienne tchèque qui a vécu dans le pays pendant de longues années… Le 8e Festival de la culture orientale, intitulé « Un croissant de lune au-dessus de Prague » et qui s’ouvre ce mardi à Prague, propose la découverte de plusieurs pays du bassin méditerranéen, du Proche et du Moyen Orient, en multipliant chaque année les angles d’approche. Le festival qui se focalise sur le théâtre présente la création de deux jeunes metteuses en scène et actrices iraniennes, Azadeh Mohammadi et Morvarid Ramezani. Directrice du festival, Lucie Němečková les présente au micro de Radio Prague.

'My Pink Labyrinth', photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsíc'My Pink Labyrinth', photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsíc « Ces deux femmes représentent pour moi l’Orient en République tchèque. Morvarid et Azadeh, avec qui je collabore depuis plusieurs années, se sont toutes les deux installées à Prague pour y vivre et faire du théâtre. Pour moi, ces deux filles élargissent la notion du théâtre tchèque qui inclut la rencontre de différentes cultures. Azadeh Mohammadi présente au festival deux spectacles, dont elle a signé la mise en scène. Il y a d’abord ‘Troïlus et Cressida’, une pièce de Shakespeare racontée de manière traditionnelle, typique pour l’Iran ancien, la Perse. Ensuite, Azadeh a monté au théâtre pragois NoD un ‘one woman show’ institulé ‘My Pink Labyrinth’ et inspiré des ‘Monologues du vagin’ d’Eve Ensler. 'My Soufiya', photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsíc'My Soufiya', photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsíc Le texte évoque la sexualité, un sujet tabou en Iran, mais aussi dans certaines familles tchèques. Pour sa part, Morvarid Ramezani présente au public pragois la pièce ‘My Soufiya’ d’un auteur iranien contemporain, Nasrollah Ghaderi. La pièce raconte le drame d’une femme amoureuse d’un homme marié, soupçonné d’avoir commis un crime. En essayant de le sauver, l’héroïne se retrouve elle-même en prison. »

Le programme du festival comprend aussi une soirée « marocaine ». Organisée samedi prochain au théâtre Viola, elle se déroulera sous les hospices de l’ambassade du Royaume du Maroc en République tchèque. Mais le Maroc n’est pas le seul pays concerné, car il s’agit d’une lecture-spectacle dédiée aux mystères de l’Océan Indien.

'Les mystères de l'Océan Indien', photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsíc'Les mystères de l'Océan Indien', photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsíc « Ce spectacle (une lecture accompagnée de musique) représente le deuxième volet d’un projet de longue durée, dans le cadre duquel nous présentons au public tchèque des joyaux des littératures arabe et persane du Proche Orient. Le premier volet était consacré à l’œuvre philosophique d’Ibn Tofaïl. Le deuxième volet est un peu moins sérieux, car nous avons choisi, effectivement, de raconter des histoires et aventures de marins liées à leurs voyages à travers l’Océan Indien. Ces histoires seront interprétées par le comédien Miroslav Táborský avec qui nous collaborons depuis deux ans. La partie musicale sera assurée par le Syrien Marwan Alsolaiman. A l’issue de la soirée, le public sera invité à déguster des spécialités marocaines. »

La France est aussi présente au festival : une adaptation tchèque de la nouvelle « Voyage en Orient » de Gérard de Nerval sera jouée sur une petite scène de Prague-Žižkov.

'Voyage en Orient', photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsíc'Voyage en Orient', photo: Site officiel du festival Nad Prahou půlměsíc « C’est une création d’une troupe de jeunes acteurs qui s’appelle ‘Oldstars’. Cette troupe s’est intéressée aux impressions du grand auteur romantique Gérard de Nerval sur ses voyages en Orient. Là, nous parlons de l’Orient vieux de plus de 150 ans… Le spectacle compare justement cet Orient du XIXe siècle avec sa situation actuelle. Il se pose aussi la question des clichés sur l’Orient. J’invite vivement le public à se rendre dans l’espace expérimental de la troupe Oldstars dont les créations sortent de l’ordinaire. Par exemple, la troupe a déjà monté « Petite Souillure » de Koffi Kwahulé et je peux déjà annoncer qu’au printemps prochain, elle présentera, dans le cadre du festival ‘Afrique en création’, sa pièce ‘Bintou’. »

Le festival de la culture orientale se déroule jusqu’au 14 novembre à Prague et à Hradec Králové.

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