Crise du gaz : un premier succès pour la présidence tchèque de l’UE ?

12-01-2009

Le week-end dernier n’a pas été de tout repos pour le Premier ministre tchèque et président en exercice de l’Union européenne. A cause du conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine, Mirek Topolánek a fait l’aller et retour entre Kiev et Moscou.

Mirek Topolánek et Vladimir Poutine, photo: CTKMirek Topolánek et Vladimir Poutine, photo: CTK « Je ne quitterai pas la région avant d’avoir obtenu un accord », avait déclaré samedi le chef du gouvernement tchèque. Et entre des bises à Youlia Timochenko et des poignées de main échangées avec Vladimir Poutine, il a fini par obtenir un accord dimanche. Enfin c’est ce que tout le monde pensait jusque tard dans la soirée et jusqu’à une fin de non-recevoir côté russe. Conséquence : rien n’était définitivement réglé avant le départ ce matin pour Bruxelles du ministre tchèque de l’Industrie, Martin Říman :

Martin Říman, photo: CTKMartin Říman, photo: CTK « Ce serait presque risible si des gens n’étaient pas en train de geler, parce que tout le problème réside dans le seul fait qu’à côté de la signature du vice-premier ministre ukrainien il y a une mention manuscrite selon laquelle est jointe une déclaration en date du 11 janvier 2009. C’est la raison pour laquelle les Russes ont fait blocage, à cause de trois mots rajoutés, ils ne veulent pas de cette déclaration. »

Dans la déclaration évoquée, la partie ukrainienne affirmait ne pas être responsable de l’arrêt des livraisons de gaz au reste de l’Europe... Une nouvelle version de l’accord vient d’être signée lundi après-midi à Bruxelles, alors que les robinets n’avaient toujours pas été ouverts. La situation est toujours alarmante dans plusieurs pays privés du gaz russe.

Martin Chalupský, photo: CTKMartin Chalupský, photo: CTK En Slovaquie, le Premier ministre Robert Fico a menacé d’ouvrir à nouveau un réacteur nucléaire en dépit du traité d’adhésion du pays à l’UE qui en prévoyait expressément la fermeture. Même avec un accord définitif à Bruxelles, il faudra encore du temps pour que le gaz parvienne en Europe centrale. Martin Chalupský est le porte-parole de la société RWE Transgas :

Photo: CTKPhoto: CTK « En théorie, selon nos prévisions, la République tchèque et la Slovaquie seront approvisonnées dans les 48 heures suivant la remise en service des gazoducs. Cependant, personne ne sait quelle est la situation en Ukraine et s’il y a de la pression dans les tuyaux. Nous n’avons pas d’informations et il pourrait y avoir des problèmes techniques. »

Si les livraisons de gaz reprennent (a priori mardi matin selon le commissaire européen Andris Piebalgs), Prague pourra se targuer d’un premier succès à la tête de l’Union européenne. Le gouvernement tchèque en aurait bien besoin pour dissiper les doutes sur son aptitude à gérer les crises.

12-01-2009