Changement climatique : 2018, l’année la plus chaude jamais enregistrée en Tchéquie

Radio Prague le soulignait ce mercredi, les Tchèques craignent de plus en plus les conséquences du réchauffement climatique. Et ils ont de bonnes raisons pour cela puisque l’année 2018 a été la plus chaude jamais enregistrée en République tchèque. Les températures ont ainsi été en moyenne supérieures de 1,7 °C à la tendance sur le long terme.

Photo illustrative: jodyleigh / Pixabay, CC0Photo illustrative: jodyleigh / Pixabay, CC0 Pour qui a mis le nez dehors ce jeudi, cela ne paraît pas évident au vue du froid et de la neige. Mais cela reste l’hiver et les données provisoires publiées par l’Institut hydrométéorologique tchèque (ČHMÚ) sont formelles : jamais depuis 1961, quand les températures ont commencé à être relevées à l’échelle nationale, le thermomètre n’avait affiché des niveaux aussi élevés sur le territoire tchèque.

La moyenne annuelle des températures a été de 9,6 °C en 2018, significativement plus élevée que celle à long terme. Aussi, si l’on excepte mars et février, tous les mois de l’année écoulée ont été plus chauds que la normale. Les mois d’avril et de mai ont même connu des températures exceptionnellement élevées, à un niveau record depuis 1961.

La hausse du mercure, associée à un niveau de précipitations très inférieur à la moyenne, a eu des conséquences très tangibles, avec un épisode de sécheresse intense qui a fortement affecté les récoltes. C’est ce dont alertait déjà il y a quelques mois Mark Rieder, le directeur de l’institut météorologique :

« C’est déjà la cinquième année consécutive où persiste une sécheresse relativement intense. Cette année, étant donné que c’est la cinquième à suivre, les manifestations de cette sécheresse sur la nature, sur la végétation, sur les écosystèmes aquatiques et, au final, également sur les êtres humains, n’ont jamais été aussi visibles. »

Mark Rieder, photo: Archives de ČRoMark Rieder, photo: Archives de ČRo Depuis quelques années, la Tchéquie est en effet de plus en plus sujette à la sécheresse et à la pénurie d’eau. Il faut dire qu’avant 2018, les années les plus chaudes enregistrées dans le pays ont été 2014 et 2015, avec une température moyenne relevée de 9,4 °C. Pour Mark Rieder, cela correspond tout simplement aux attentes des modèles prédictifs élaborés dans les années 2000 :

« Les modèles prédisaient que les périodes de chaleur intense et de sécheresse se prolongeraient à peu près à partir du mois de mai jusqu’à septembre-octobre et je dirais que la météo a confirmé ces prévisions. En même temps, ces modèles incluaient des données hydrologiques et donc des prédictions sur le système hydrologique en République tchèque. Il y a dix ans, quand je disais que si ces modèles s’avéraient exacts, il pourrait y avoir un tarissement par exemple du cours moyen de l’Elbe, cela suscitait l’amusement et des petits sourires. C’est pourtant aujourd’hui ce que nous pouvons constater. »

Photo: František Tichý, ČRoPhoto: František Tichý, ČRo Les données météorologiques de l’année écoulée ne font donc que confirmer le phénomène de réchauffement climatique, que les Tchèques, d’après un sondage de l’agence Median, sont de plus en plus nombreux à redouter (Cf. https://www.radio.cz/fr/rubrique/faits/de-quoi-ont-peur-les-tcheques). Ils n’ont pas tort selon le météorologue Jan Hollan :

« Le processus de réchauffement climatique est en cours depuis plusieurs décennies, de façon significative et uniforme, et il est causé principalement par le fait que nous rejetons des gaz à effet de serre dans l’atmosphère en brûlant des combustibles fossiles. Ces données sur les températures ne sont donc clairement pas une surprise et tout le monde les attendait depuis longtemps. Le réchauffement climatique se poursuit, il a déjà des conséquences graves et il en aura d’autres encore plus graves. »