Cécile Wajsbrot : « J’aime beaucoup écrire des textes pour la radio. »

03-08-2010

Une trentaine d’auteurs français a participé au « Mois de lectures publiques », un véritable festival des littératures française et tchèque organisé en juillet dans les villes de Brno et d’Ostrava par la maison d’édition « Větrné mlýny ». Parmi les participants il y avait aussi la romancière française Cécile Wajsbrot. Avant de partir de République tchèque, elle a évoqué ses impressions au micro de Václav Richter.

Cécile WajsbrotCécile Wajsbrot Vous venez de participer au Mois des lectures publiques dans les villes de Brno et d’Ostrava. Quelle a été votre impression ? Avez-vous noué un contact avec le public tchèque ?

 « Avec le public tchèque? C’est beaucoup dire mais en tous cas j’ai été impressionnée d’abord par la qualité d’attention qu’il y avait, par le nombre de personnes qui venaient et l’intérêt des questions posées. J’ai été impressionnée aussi par l’organisation dans le sens où en même temps que la lecture il y avait un écran sur lequel la traduction tchèque figurait. J’ai trouvé vraiment extraordinaire cette idée de permettre aux gens d’entendre le son d’une autre langue mais de pouvoir comprendre en même temps ce qui se lit. Et c’est une performance aussi pour la personne qui déroulait le texte sur l’écran, d’arriver en écoutant simplement le texte, à s’y repérer, à savoir quel passage projeter. Voilà j’ai été donc impressionnée par cet intérêt pour la littérature, pour la France en l’occurrence. »

Pendant un temps vous avez présenté la littérature des pays de l’Est au Magazine littéraire. Qu’est-ce que cette littérature vous a donné ? Cela vous a-t-il permis aussi de connaître la littérature tchèque ?

 « Oui, bien sûr, parmi les littératures dont j’ai pu rendre compte, il y a avait la littérature tchèque. J’ai écrit beaucoup d’articles par exemple sur les livres de Hrabal qui étaient traduits à l’époque, à la fin des années quatre-vingts et au début des années quatre-vingt-dix. Je me souviens également d’un roman d’Ivan Klíma que j’avais beaucoup aimé. J’ai lu aussi Vaculík et beaucoup d’autres. »

Vous écrivez souvent pour la radio et cet entretien d’ailleurs sera aussi diffusé à la radio. Qu’est ce que le travail pour la radio vous donne ? Et quelle est la différence entre le travail pour la radio et les textes destinés à la publication ?

 « J’aime beaucoup écrire des textes pour la radio, des fictions et des textes dramatiques. Par exemple avant le roman qui s’appelle ‘Mémorial’, j’ai d’abord écrit un texte pour la radio qui était un peu dans l’idée de ce roman et en même temps n’avait aucun rapport. C’était un peu comme la matrice de ce roman. En fait, de façon générale, j’ai l’impression que souvent les textes pour la radio sont un peu comme un laboratoire pour les romans, et me servent à expérimenter des formes. Je reviens encore à ‘Mémorial’. J’ai utilisé dans un texte pour la radio qui s’appelait ‘Consolation’ un système avec des voix. C’était une femme enfermée dans une poste, qui attendait le matin pour être délivrée. Cela se passait dans une ville de Pologne qu’elle était allée voir et où sa famille avait vécue. Et dans cette poste il y avait les voix de ses ancêtres. Et ‘Mémorial’, c’est un roman qui raconte le voyage d’une narratrice en Pologne, dans la ville dont sa famille est originaire, et dans ce voyage elle est accompagnée aussi par les voix. C’est un système un peu différent mais ce système de voix est venu dans une écriture pour la radio parce que je pensais aux sons et donc aux voix de la radio.

Moi j’aime beaucoup la radio. J’écoute très souvent la radio. La nuit j’ai souvent du mal à dormir et j’écoute la radio. Même ici j’ai écouté la radio, même si je ne comprends pas. Bien sûr, je peux piquer quelques mots mais j’aime bien. »

( Nous vous présenterons l’intégralité de cet entretien, samedi, dans la rubrique « Rencontres littéraires » )

03-08-2010