Bye bye radar

17-09-2009

Voilà, c’est fini. En tout cas ça ressemble vraiment à la fin - la fin du projet de bouclier antimissile américain en Europe centrale sous sa forme initiale. Vous le savez, il s’agit d’un projet promu par l’administration Bush qui devait comprendre l’installation d’intercepteurs de missiles en Pologne et d’un puissant radar sur le sol tchèque, à une petite centaine de kilomètres au sud-ouest de Prague.

C’est le président américain qui a annoncé la nouvelle de l’abandon de ce projet au premier ministre tchèque dans la nuit de mercredi à jeudi. Jan Fischer :

« Aujourd’hui un peu après minuit le président américain Barack Obama m’a joint par téléphone pour m’annoncer que son gouvernement renonçait à son projet d’installer un radar pour la défense antimissile sur le territoire de la République tchèque. J’en ai informé le président Klaus. La République tchèque prend acte de la décision du président des Etats-Unis ».

Jan Fischer, photo: CTKJan Fischer, photo: CTK On attendait plus de détails après l’enregistrement de cette émission et l’arrivée à Prague d’une délégation américaine en provenance de Varsovie ainsi que le discours de Barack Obama jeudi après-midi. Mais si on attendait encore une réaction officielle de Prague, les chefs des principaux partis politiques tchèques n’ont pas tardé à réagir. Et les avis sont très partagés.

Pour le chef de la droite, l’ancien Premier ministre Mirek Topolánek, c’est une déception. Son gouvernement s’était beaucoup engagé pour que le radar américain soit installé sur le sol tchèque et son parti, l’ODS, en avait même fait une priorité plus importante que la ratification du traité de Lisbonne. Selon lui, ce n’est pas une bonne nouvelle « pour la liberté et l’indépendance de la République tchèque ».

Mirek Topolánek, photo: CTKMirek Topolánek, photo: CTK Il y a eu des déclarations plus virulentes au sein de son parti, notamment celle du président de la Commission de la défense au Parlement, Jan Vidim, qui s’est dit « dégouté par la lâcheté d’Obama ».

En revanche, à gauche de l’échiquier politique tchèque on est satisfait aujourd’hui. Jiří Paroubek, chef du parti social-démocrate (CSSD), se déclare « content » et il en profite pour critiquer tous ceux « qui ont entraîné le pays dans cette aventure depuis trois ans ».

D’autres se félicitent de cette nouvelle et notamment la majorité des maires des petites communes qui bordent le terrain militaire où devait être installé le radar américain. Jan Neoral est le maire de la commune de Trokavec :

« Après trois ans pendant lesquels nous avons lutté avec les citoyens tchèques contre l’installation du radar, c’est une nouvelle très bonne et très agréable et cela finit de nous convaincre que lorque les citoyens s’unissent contre un mal, ils parviennent à lutter et à obtenir des résultats. »

Rappelons que tous les sondages d’opinion avaient montré qu’environ deux tiers des Tchèques restaient opposés à ce projet malgré la campagne médiatique organisée par le gouvernement précédent.

17-09-2009