Alcool au guidon : le Parlement tchèque pourrait supprimer la « tolérance zéro » pour les cyclistes

Boire ou conduire, c’est bien connu, il faut choisir. Et ce pas seulement pour les automobilistes en République tchèque, où on ne rigole vraiment pas avec la chose, mais aussi pour les cyclistes. La situation pourrait toutefois évoluer dans un proche avenir pour ces derniers.

Photo illustrative: Kurayba / Foter.com, CC BY-SAPhoto illustrative: Kurayba / Foter.com, CC BY-SA Que l’alcool soit totalement interdit au volant en République tchèque, tout le monde le sait. Ce que l’on sait moins en revanche, c’est qu’une tolérance zéro est appliquée également pour les cyclistes. Et bien que cette interdiction soit, dans la pratique, nettement moins respectée par ces derniers que par les automobilistes, cela ne retire rien au fait qu’elle est en vigueur depuis quelques années déjà.

Depuis, à plusieurs reprises, le Parlement a rejeté le projet d’amendement qui autoriserait ces déplacements à vélo jusqu’à un taux d’alcoolémie de 0,5 gramme par litre de sang, comme cela est le cas en Allemagne voisine. Lundi, cependant, malgré le désaccord des représentants des ministères des Transports et de la Santé présents à la réunion, la commission en charge des affaires de santé du Sénat a recommandé, à une très faible majorité, d’instaurer une légère tolérance. Celle-ci permettrait la consommation de quelque deux verres de bière légère (de 3,5 à 4,3° en République tchèque, où cette bière est rangée dans la catégorie « desítka ») d’un volume de 50 centilitres ou de deux petits verres de vin, soit donc deux unités d’alcool. Le texte va désormais faire l’objet d’un vote au Sénat la semaine prochaine, avant éventuellement d’être de nouveau débattu à la Chambre des députés. En attendant, c’est bien évidemment une tolérance zéro qui continue de prévaloir pour les cyclistes comme pour les automobilistes, comme le rappelle Ivana Baláková, attachée de presse de la police de la ville de Česká Lipa, en Bohême du Nord :

« Si le taux d’alcool est inférieur à un gramme par litre de sang, une contravention d’un montant maximal de 25 000 couronnes (972 euros) peut être infligée. En revanche, si le taux contrôlé dépasse le gramme, alors la sanction prévue est une amende dont le montant peut grimper jusqu’à 50 000 couronnes (1 945 euros). »

L’amendement en question prévoit aussi une nette réduction du montant de ces contraventions, tout en sachant qu’un cycliste contrôlé positif par la police ne se voit pas retirer son permis de conduire. Cette réforme ne fait cependant pas l’unanimité, et la sénatrice Renata Chmelová explique pourquoi :

Photo illustrative: Lenka ŽižkováPhoto illustrative: Lenka Žižková « Je pense que cet amendement n’est pas une bonne chose parce qu’il autoriserait les cyclistes à circuler uniquement sur les routes dites de troisième catégorie. Or, aussi surprenant que cela puisse paraître, il est très rare de trouver des panneaux sur le bord des routes indiquant quelles sont ces routes de troisième catégorie. Par ailleurs, même si elles sont considérées comme les plus petites, certaines de ces routes font l’objet d’un trafic très important. Au-delà donc de l’aspect sanitaire ou médical, il existe donc bien des dangers objectifs. »

Initialement, dans l’idée de ses partisans, cet amendement doit surtout permettre aux visiteurs des régions viticoles du pays de circuler sur les pistes cyclables et les petites routes, et ainsi donc de favoriser le développement du tourisme dans le pays.

Par ailleurs, certains parlementaires souhaiteraient étendre cette tolérance aux « pagayeurs », à savoir toutes les (très nombreuses) personnes qui circulent en canoë sur les rivières en République tchèque.