119e Grand Steeple-chase de Pardubice avec un cheval français et un prestige en hausse

09-10-2009

Comme chaque année ou presque depuis la première édition en 1874, le deuxième dimanche d’octobre est marqué par la tenue de Velká Pardubická, ou le Grand Steeple-chase de Pardubice. 135 ans après sa création, la course hippique la plus folle organisée en République tchèque passionne toujours autant les foules. Et pour la première fois depuis sept ans, un cheval français courra également sur l’hippodrome de Bohême de l’Est.

Pour donner une idée de l’importance que revêt pour les Tchèques le Grand Steeple-chase de Pardubice, il suffit d’ouvrir les journaux de vendredi. A la veille du match pourtant crucial de l’équipe nationale de football contre la Pologne, une place presque aussi importante est en effet réservée à la présentation de la course et des chevaux qu’à l’analyse des dernières chances tchèques de qualification pour la prochaine Coupe du monde.

Un intérêt rehaussé cette année par la présence annoncée de six chevaux étrangers, quatre anglais, un irlandais et un français, au départ d’un parcours long de 6 900 mètres et jalonné de trente et un obstacles, dont le plus célèbre mais aussi le plus controversé reste la tranchée Taxis, une haie naturelle haute de 1,50 mètre derrière laquelle se cache un fossé souvent meurtrier.

Parmi les 25 chevaux qui s’élanceront dimanche figure donc Juful Tennis, entraîné par Jean-François Cottin, monté par le jockey Fernand de Oliveira et propriété de Jean-Paul Sénéchal. Une participation française saluée par Miroslav Petraň, le président de la Société hippique de Pardubice :

« Nous avons une présence française pour la première fois depuis de longues années et je m’en félicite. Je souhaite que cette présence soit encore plus importante à l’avenir. Mais il me semble que le problème avec les Français, c’est qu’ils ont certaines insuffisances dans leurs connaissances historiques et géographiques. Lorsque l’année dernière, après le cross-country de l’Anjou-Loire Challenge, organisé par le Lion d’Angers, j’ai remis un prix à un entraîneur, je l’ai invité à venir à Pardubice avec son cheval en lui disant qu’il avait une chance de gagner. Mais il m’a répondu qu’il n’avait pas l’intention de faire cinq jours de voyage. Je lui ai alors demandé s’il avait déjà vu une carte de l’Europe et expliqué que je ne l’invitais pas à Moscou, mais à Prague et qu’il n’y avait qu’un jour de route depuis la France. »

Avec une cote de 12/1, le cheval français de 12 ans Juful Tennis fait partie des possibles trouble-fête de Velká Pardubická. La grande favorite sera le vainqueur des deux dernières éditions, la jument Sexteen annoncée, elle, à 2/1 par les bookmakers tchèques. Un triplé qui rentrerait dans l’histoire même si, soucieux du prestige de l’épreuve au-delà des frontières de la République tchèque, Miroslav Petraň se satisferait également de la victoire d’un pur-sang d’un propriétaire étranger :

« C’est évident que ce serait une avancée. Lorsque le jockey Charlie Mann s’est imposé ici en 1995, il était un peu l’enfant terrible en Angleterre. Il n’avait plus le droit de courir dans son pays après un grave accident. Néanmoins, après sa victoire, le prestigieux Jockey Club britannique lui a remis un prix spécial récompensant la meilleure performance réalisée par un jockey dans l’année. Sans cette victoire, peut-être serions-nous aujourd’hui encore considérés comme une course un peu obscure. Et puis les participations du légendaire Richard Dunwoody, le meilleur jockey de l’histoire pour les courses d’obstacles, ont également grandement contribué au prestige de la course. Dans son autobiographie, il a écrit que courir à Pardubice lui avait procuré les plus belles sensations de sa carrière. Or, en Angleterre, Richard Dunwoody est presque aussi populaire que David Beckham. Vous imaginez donc ce que cela représente pour Pardubice. Et puis il ne faut pas oublier la visite de la princesse Anne il y a deux ans. Elle aussi a beaucoup fait pour notre renommée. »

Une renommée à laquelle contribuent toutefois surtout les chevaux. Avec pas moins de vingt-huit morts dans l’histoire de la course, ils restent les héros tragiques d’un événement souvent décrié.

09-10-2009