« En Tchéquie, le paradis se trouve au nord ! »

Suite de notre série estivale consacrée aux régions de République tchèque à découvrir, loin de Prague et des sentiers battus. Direction aujourd’hui le Paradis de Bohême (ou Paradis tchèque), avec l’écrivaine tchèque installée en France, Lenka Horňáková-Civade, que nous avions rencontrée récemment à l’occasion de la parution de son deuxième roman en français Une verrière sous le ciel.

Lenka Horňáková-Civade, photo: Magdalena HrozínkováLenka Horňáková-Civade, photo: Magdalena Hrozínková « Il n’y pas très longtemps, j’ai conseillé à un ami la visite du Paradis tchèque. Je trouve formidable qu’on ait un ‘paradis’ en République tchèque. Et je pense que le lieu est tellement beau qu’il s’approche assez de ce qu’on peut s’imaginer du paradis. C’est un lieu que j’ai découvert quand j’avais 17, 18 ans avec des amis, donc pour moi ça reste lié à ces séjours, en été comme en hiver. C’est un lieu qui m’évoque de bons moments et j’espère que les autres aussi y trouveront du plaisir. »

On rappellera que ce nom a été inventé en 1870 par les écrivains et patriotes tchèques… c’est tout à fait dans la veine du romantisme et de la découverte de la nature au XIXe siècle, matinée de revendications nationales. Rappelez-nous où se trouve ce Paradis de Bohême ?

Les ruines du château de Trosky, photo: Zdeněk Fiedler, CC BY-SA 3.0Les ruines du château de Trosky, photo: Zdeněk Fiedler, CC BY-SA 3.0 « Il se trouve au nord. En France, on a l’impression que le paradis se trouve plutôt au sud, sous les palmiers. Mais ici, c’est au nord ! Donc depuis Prague, il faut monter par Mladá Boleslav, Turnov. Aujourd’hui j’ai la voiture, mais à l’époque on prenait ensuite un petit train et on marchait un petit moment jusqu’au chalet d’un ami où nous logions. Ou alors nous dormions à la belle étoile car à l’époque la réglementation n’était pas aussi stricte. Nous avions d’autant plus cette sensation de liberté : nous grimpions, nous marchions et nous avons aussi visité le château de Trosky, ces ruines qui portent si bien leur nom (« trosky » signifiant « ruines » en tchèque, ndlr). Donc cette veine romantique était en effet extrêmement présente. »

Classé géoparc européen par l’Unesco en 2005, cette microrégion est connue pour ses villes de rochers en grès, qui proposent des panoramas époustouflants… Et c’est une région idéale pour la randonnée !

Le Paradis tchèque, photo: Štěpánka BudkováLe Paradis tchèque, photo: Štěpánka Budková « A part le vertige que l’on peut ressentir quand on est bord d’un rocher, il y a cette possibilité de vision comme un oiseau au-dessus du paysage. Ça, c’est absolument magique. On est toujours surpris par la vue qui s’offre à nous. Il m’en reste de belles photos. Et les souvenirs de randonnée, où il y a cet effort, de grimper, de se coller au rocher, de se blesser les doigts avant d’avoir la récompense, une fois arrivés au sommet : ces vues imprenables. »

Vous parliez du château de Trosky, mais il y en a beaucoup d’autres dans la région. Un conseil ?

 « Personnellement, je suis très fixée sur Trosky. A chaque fois, nous y avons fait une balade. C’était cette espèce de promenade insouciante, un pique-nique… J’ai envie de garder cette fraîcheur. Et puis je préfère que les gens découvrent les lieux par eux-mêmes. Les conseils peuvent être trompeurs. On peut ne pas trouver ce que l’on cherche sur le conseil de quelqu’un ! Il vaut mieux trouver par soi-même. »

Donc allez tous au Paradis tchèque cet été ?

 « Allez tous au paradis, il y a de la place ! »

Le Paradis tchèque, photo: Magdalena KašubováLe Paradis tchèque, photo: Magdalena Kašubová