Un cinéma gonflable français pour les festivaliers de Karlovy Vary

09-07-2010

Direction Karlovy Vary, la ville thermale qui est certes fournie en salles de cinéma mais qui a quand même besoin de renfort pendant son Festival international du film, dont la 45e édition se termine ce samedi soir. Un renfort qui vient notamment de France, avec chaque année un cinéma itinérant qui est transporté en camion de Bretagne jusqu’en Bohême. A Karlovy Vary, nous avons rencontré Mathieu, un de ces Bretons chargés de l’installation et de la maintenance de cette salle gonflable appelée l’Espace Dorléans :

Mathieu de l'Espace DorléansMathieu de l'Espace Dorléans « On est venu avec toute une équipe depuis la France pour monter cette salle itinérante de trois cent places, avec une cinquantaine de tonnes de matériel dans deux semi-remorques. »

Comment ça marche, combien de temps ça prend et combien ça coûte ?

« C’est une installation qui reviend assez cher, on a trois jours et demi de montage, presque quatre. On arrive le week-end précédent le festival. Une semi-remorque sert pour l’accueil et la façade de la salle, la deuxième sert à faire tout le plancher à l’intérieur avec tous les sièges (296+4places pour handicapés). La mise en place est assez lourde, on est sept personnes en tout, toutes rôdées au montage de cette salle. »

 « On vient de la Bretagne, donc on traverse et la France et l’Allemagne pour venir jusqu’ici... Les concepteurs de la salle étaient à l’origine propriétaires d’une voilerie et fabriquaient des voiles pour les bateaux. La conception est du même style que les voiles de bateaux mais les matériaux utilisés sont un petit peu différents, essentiellement en PVC et polyester. »

Vous faîtes beaucoup de festivals comme celui de Karlovy Vary ?

 « L’Espace Dorléans tourne toute l’année, mais le nombre de sorties n’est pas grandiose puisque la location coûte un peu cher... Je ne peux pas dire exactement mais je crois que ça frise la cinquantaine de milliers d’euros pour la semaine. Le cinéma sort en moyenne cinq ou six fois par an. Karlovy Vary est cette année la première sortie. Après on a le festival du film britannique à Dinard, le festival du film grolandais à Quend Plage si celui-ci est maintenu car apparemment ce n’est pas sûr. »

Quelles sont les particularités du festival de Karlovy Vary pour vous ?

« C’est loin pour nous ! Beaucoup de route et beaucoup de fatigue. Beaucoup de séances, environ cinq ou six par jour. Les journées démarrent de bonne heure et finissent tard le soir. La salle est toujours pleine. »

Il fait très chaud en ce moment et cette bulle est difficile à climatiser...

 « Oui, c’est une grosse bulle exposée en plein soleil, la toile est épaisse et sombre et chauffe très vite. On a une salle intérieure qui est climatisée et on essaie de faire le maximum pour que la température soit supportable, mais ce n’est pas facile. »

A l’heure du numérique est-ce qu’il faut faire attention quand on a une salle comme ça et que de nouveaux films sont projetés? Quelqu’un est responsable de contrôler si personne n’enregistre au caméscope ?

 « Nous sommes présents dans la salle, avec du personnel fourni par le festival pour les ouvreurs et responsables de salle. La projection peut être mécanique avec un ancien projecteur Victoria ou numérique et pour l’instant nous n’avons jamais eu de cas d’enregistrement dans la salle. »


Photos : Štěpánka Budková

09-07-2010