Nanofibre : de grands projets pour l'université technique de Liberec et l'entreprise Elmarco

10-12-2004

« La nanofibre, comme d'ailleurs l'ensemble des nanomatériaux, est un type de matériau entièrement nouveau. Leurs propriétés sont tout autres que celles connues à ce jour, et ce sont ces propriétés si différentes qui ouvrent justement des portes vers des applications et des effets nouveaux. »

Nanofibre (Photo : Zdenek Valis)Nanofibre (Photo : Zdenek Valis) Si les regards se sont tournés, voilà quelques mois, vers le professeur Oldrich Jirsak et son équipe de chercheurs de l'Université technique de Liberec, c'est pour leur découverte d'envergure internationale dans les nanotechnologies, domaine très en vogue de la recherche au niveau mondial. Ils ont en effet mis au point une machine à fabriquer, de manière potentiellement industrielle, de la nanofibre, cette nouvelle matière à l'avenir très prometteur qui pourrait trouver une utilité dans des domaines variés, comme l'explique Oldrich Jirsak.

« Par rapport à la taille des pores des tissus de nanofibre, chaque microbe est énorme et n'a aucune chance de passer. Dans le cas de maladie dangereuse comme le SRAS par exemple, nous devrions être en mesure de fabriquer, pour les patients, des dispositifs de protection qui leur permettraient de bien respirer tout en empêchant les bactéries et les virus de pénétrer dans leur organisme. »

Oldrich Jirsak (Photo : Zdenek Valis)Oldrich Jirsak (Photo : Zdenek Valis) La médecine constitue un vaste domaine d'application, mais ce n'est pas le seul. La nanofibre pourrait, dans un avenir proche, servir de filtre microscopique ou de membrane de séparation et, selon Oldrich Jirsak, dans cinquante ans, pas un domaine d'activité ne pourra se passer des nanomatériaux. Un enjeu que les chercheurs de Liberec ont bien saisi. Ils ont, pour cela, conclu un accord de collaboration avec l'entreprise Elmarco, afin d'exploiter et de commercialiser au mieux cette découverte de premier ordre. On écoute Ladislav Mares, directeur d'Elmarco :

Ladislav Mares, directeur d'Elmarco (Photo : Zdenek Valis)Ladislav Mares, directeur d'Elmarco (Photo : Zdenek Valis) « C'est un véritable défi pour notre entreprise. Nous travaillons pour des industries de haut niveau dans le domaine des semi-conducteurs, et notre technologie doit être à la pointe, ce qui demande une certaine flexibilité et une grande part de responsabilité. Je pense que c'est pour cela que l'Université de Liberec a décidé de se lancer avec nous dans ce projet hautement technique. Pour notre entreprise, ce partenariat veut dire aussi stabilisation et développement. »

Fiers d'être les premiers au monde a avoir inventé une telle machine, et les premiers à pouvoir l'exploiter, chercheurs et ingénieurs de Liberec entendent bien garder leur place privilégiée dans ce secteur, Ladislav Mares :

L'Université technique de Liberec (Photo : Zdenek Valis)L'Université technique de Liberec (Photo : Zdenek Valis) « Nous faisons notre possible pour filtrer les informations qui sortent. Ce qui importe le plus, c'est que nous mettions à profit l'avance que nous avons en la matière sur les Américains et les Japonais, à savoir environ un an, selon mes estimations. Nous devons nous investir à fond dans ce projet afin de maintenir cette avance. Tout produit breveté peut être modifiée et détourné d'un manière ou d'une autre. La seule certitude que nous avons maintenant est que nous allons investir le maximum d'argent et d'énergie pour trouver de nouvelles applications. »

Pour l'Université technique de Liberec, cette découverte, outre le prestige qu'elle apporte, est aussi une source de revenu pour ses équipes de recherche. Par ailleurs, une telle découverte devrait attirer l'attention non seulement des étudiants, mais aussi des entreprises, qui pourraient, à l'avenir, faire appel au département de l'industrie textile de la faculté pour procéder à des études et des recherches.

10-12-2004