L'électromobilité développée en République tchèque par ČEZ et Peugeot

10-12-2010

Retour aujourd’hui sur le partenariat signé mardi entre Peugeot, le constructeur automobile français, et ČEZ, le groupe tchèque spécialisé dans le secteur de l’énergie. Un partenariat sur le développement de l’électromobilité. Fabien Hillairet est l’un des responsables français du projet pour le groupe tchèque ČEZ :

Fabien HillairetFabien Hillairet « Depuis deux ans et demi je suis responsable du projet e-mobility, qui est l’ensemble de l’infrastructure – de la borne de charge jusqu’à la voiture électrique - qui comprend pour nous le business model à long terme pour cette nouvelle fonction de ČEZ. »

Peugeot et ČEZ viennent de signer un accord de Partenariat dans ce domaine…

 « Oui, on vient d’annoncer ce partenariat pour apporter des voitures électriques un peu plus rapidement que prévu en République tchèque afin de tester cette infrastructure de charges. Pour aussi que Peugeot teste le comportement des clients, le comportement de la voiture et pour qu’on fasse en sorte de promouvoir ce projet sur les deux prochaines années. L’objectif de ce projet est de comprendre un petit peu cette nouvelle approche du transport de demain, de comprendre si on peut vraiment baser un business model sur la mise en place de bornes de charge et de véhicules électriques, et de voir l’accueil de la population mais aussi des institutions et des politiques. »

C’est un petit peu étonnant que ČEZ ait choisi Peugeot, parce que la marque tchèque Škoda a annoncé qu’elle se lançait petit à petit dans la voiture électrique. Pourquoi avoir choisi Peugeot ?

Peugeot et ČEZ viennent de signer un accord de Partenariat, photo: www.hybrid.czPeugeot et ČEZ viennent de signer un accord de Partenariat, photo: www.hybrid.cz « Nous n’avons aucune restriction en termes de constructeurs automobiles. Aujourd’hui on accueille Peugeot, demain on va accueillir l’ensemble des constructeurs qui veulent rejoindre le projet. Si on veut vraiment avoir du succès, il faut que le consommateur puisse demain choisir s’il veut acheter une Peugeot, une Škoda, une Volkswagen, peu importe. Donc il faut que l’ensemble des marques soit présent sur le marché tchèque. Aujourd’hui Peugeot est prêt à rejoindre le projet dès décembre pour apporter les véhicules en mars/avril. Malheureusement, Škoda n’était pas en mesure de faire cette offre. Si demain Škoda peut nous fournir des véhicules et veut rejoindre ce projet, ils seront bienvenus. »

Que fait exactement ČEZ dans ce projet ?

Photo: www.hybrid.czPhoto: www.hybrid.cz « L’objectif de ČEZ est de construire, dans la ville de Prague et dans les autres grandes villes du pays, des bornes pour recharger ces véhicules électriques. Demain, vous trouverez des bornes dans votre centre commercial, dans votre cinéma, dans différents parkings. Notre objectif est à la fois technique et économique : comprendre le comportement de ces bornes sur le réseau électrique et leur impact sur le réseau de distribution et comprendre quel va être le coût de construction, le coût de cette nouvelle technologie pas forcément disponible sur le marché. Il y a un mois et demi nous avons ouvert un appel d’offres pour que l’ensemble des constructeurs de cette technologie puisse répondre et l’apporter en République tchèque. On aura certainement le résultat en février et on espère mettre en place les premières bornes en avril. Pour l’instant ČEZ a quelques bornes qu’on utilise seulement pour faire la promotion du projet. »

Si on compare avec d’autres pays, notamment avec la France que vous connaissez bien puisque vous êtes Français, la République tchèque est en retard ? En avance sur ses voisins d’Europe centrale ?

Photo: www.hybrid.czPhoto: www.hybrid.cz « On a pas vraiment de retard. Nous avons là un projet-pilote avec l’objectif est de mettre en place une infrastructure pour 2020/2025, donc on n’a pas vraiment de retard. Sur le projet-pilote, on a peut-être un an de retard sur l’Allemagne, mais par rapport à la France, l’Italie ou l’Espagne on est à peu près dans les même temps. C’est vrai que la France a été il y a dix ans un précurseur en la matière, mais malheureusement il n’y a pas eu l’engouement escompté. Là on voit que les constructeurs automobiles et les producteurs d’énergie en Europe, en Chine, en Inde et aux Etats-Unis sont en train d’investir massivement dans cette nouvelle technologie donc on y croit vraiment pour 2020/2025. »

Avez-vous testé quelques véhicules électriques ?

 « Oui, plusieurs, j’étais également en France au Salon de l’automobile. Ce qu’il faut voir, ce sont les nouvelles voitures électriques qui vont arriver en 2013/2014 où là on aura vraiment une autonomie intéressante pour le consommateur. Un vrai véhicule électrique, pas un diesel qu’on a transformé en véhicule électrique. »

10-12-2010