Le marché du Bio en République tchèque

15-06-2007

Tendance pleine d'avenir, les produits Bio voient la demande augmenter constamment en République tchèque. Un signe des temps rassurant, qui montre que les Tchèques, qui n'ont pas les meilleures habitudes alimentaires en Europe, commençent à faire le lien entre alimentation et santé. Preuve éloquente : les produits Bio ne sont plus seulement présents dans les magasins spécialisés mais commencent aussi à s'imposer dans les grandes chaînes de distribution.

Qu'est-ce que le Bio ? On pourrait le résumer par une attention portée à la qualité des produits cultivés avec, par exemple, le bannissement des farines d'origine animale ou encore des hormones de croissance.

En terme d'élevage, cela peut se traduire par un soin apporté aux animaux, par un accès régulier au près.

La vente des produits Bio ne dépasse actuellement pas 1 % de l'industrie agro-alimentaire mais la demande est en constante augmentation. Chaque année, on voit s'ouvrir de nouvelles boutiques Bio dans le pays, le pionier dans ce domaine étant la chaîne de magasins Bio Country Life, qui a ouvert ses premières adresses il y a une quinzaine d'années.

D'origine française, la société est pleine de projets pour l'avenir proche. Elle compte aménager, dans ses fermes, des locaux et des serres techniques et travaille sur un concept de boulangerie Bio.

Mais aujourd'hui, ce sont aussi les supermarchés qui s'y mettent, face à une demande persistante. Leur stratégie a beau consister à proposer les prix les plus bas, les grandes surfaces ont commencé à disposer des produits Bio sur leurs étalages, quand ils ne disposent pas d'un rayon Bio. Le distributeur Plus-Discount a été le premier à offrir ces produits et son exemple est désormais suivi en masse. Les magasins Tesco ont ainsi récemment décidé de lancer une centaine de produits Bio.

Billa, Interspar et les drugstores dm drogerie, tous proposent un assortissement de produits de plus en plus varié. En fait, c'est devenu la tendance : la grande majorité des ventes de produits Bio s'effectue désormais dans les super et autres hyper marchés. Les ventes directes dans les fermes ou chez des épiciers indépendants ne compte que pour 3 % environ.

En 2006, les Tchèques ont dépensé 26 millions et demi d'euros pour des produits Bio, une augmentation de 50 % par rapport à l'année précédente et qui montre au passage qu'il existe de nombreux Tchèques disposant d'un pouvoir d'achat élevé. Les prix plus élevés des produits Bio sont dûs à un processus plus complexe de production. Les experts tablent, pour 2010, sur un triplement du marché.

Certains restaurants s'y mettent également, on en voit fleurir notamment dans la capitale. Ainsi les Bio Cafés, qui opèrent depuis 2005 et inaugurent une tendance qui existe déjà en Europe occidentale.

La demande est tellement importante que la République tchèque importe 60 % des produits Bio qu'elle vend. Les fermiers travaillent en effet sur des surfaces trop peu volumineuses pour satisfaire la demande.

Dans les années 90, l'agriculture biologique s'est très vite développée en République tchèque et on a vu apparaître des unions d'agriculteurs imposant des normes strictes en matière d'exploitation, avec par exemple l'interdiction de pesticides chimiques ou d'engrais industriels...

L'Etat a aussi joué un rôle de santé publique en subventionnant les fermes écologiques : plus de 200 millions de couronnes en 2003 et depuis, les différentes aides ont été régulièrement augmentées. On compte plus de 800 fermes écologiques en République tchèque. Il faut savoir que chacune de ces fermes est soumise à un strict contrôle par la société de santé publique KEZ, qui délivre éventuellement un Certificat d'origine du produit.

Au coeur de l'idée Bio, il y a aussi cette idée d'un retour au terroir, qui avait disparu sous le communisme. Certaines régions essaient de mettre en valeur des produits locaux. Mais cette idée de terroir met encore un peu de temps à s'imposer. Face à une certaine standardisation des produits que l'on peut parfois déplorer dans les supermarchés du pays, le Bio est une alternative. On voit d'ailleurs un intérêt de plus en plus grand des Tchèques pour leur terroir agricole et la particularité de tel ou tel fromage ou viande ou la culture de la prune en Moravie par exemple.

Enjeu d'avenir pour la santé, le Bio l'est aussi pour l'économie. L'industrie agro-alimentaire tchèque figure parmi les plus grands employeurs de République tchèque, environ 150 000 personnes en 2004.

15-06-2007