« Le disque vinyle revient sous des formes différentes »

15-01-2010

Retour aujourd’hui à Loděnice, dans l’usine où sont fabriqués des disques vinyle depuis près de soixante ans. Entretien avec le Français Boris Ducteil, de la société GZ digital media, qui s’occupe du marché français pour la fabrication des CD, des disques vinyle et l’impression du packaging.

Finalement, le marché du disque vinyle vit aujourd’hui une nouvelle vie...

 « Oui, le vinyle revient, également sous des formes différentes, avec des produits spéciaux – des coffrets, des produits collector – qui se font notamment pour les artistes internationaux. »

On dit que l’usine de Loděnice fait partie des principaux producteurs de vinyles dans le monde aujourd’hui...

 « Oui, GZ est devenu le plus gros presseur de vinyles dans le monde, avec un peu plus de cinq millions d’unités fabriquées l’année dernière. »

Il y a quelques années, la production s’était pourtant presque totalement arrêtée...

 « Avec l’arrivée du CD c’est vrai que la production de vinyles s’était arrêtée mais dans les années 1990 ça a redémarré, avec l’avènement de la musique hip-hop, electro, etc. Il y a eu un regain d’intérêt pour le vinyle avec les DJs et puis maintenant c’est un peu plus démocratisé. »

Ce sont donc les DJs qui ont sauvé le vinyle ?

 « De ce que j’ai vu en France pour ma part, c’est vraiment la mode du ‘DJing’ qui a fait revenir le vinyle sur le marché français parce que les magasins n’en vendaient plus du tout – il n’y avait que les magasins spécialisés, pour les DJs exclusivement. »

Boris DucteilBoris Ducteil Comment un Français en arrive à travailler pour GZ ?

 « J’étais client de GZ avant et j’ai quitté l’industrie du disque pour faire autre chose. Le PDG de GZ m’a dit qu’il cherchait quelqu’un pour la France... »

GZ fait beaucoup de CD pour de multiples clients ; pour le vinyle qui sont les principaux clients en France ?

 « En France les plus gros clients sont Universal Music, Sony Music, et Wagram Music. Après ce sont beaucoup de ‘brokers’, de revendeurs. On a à la fois des vinyles qui peuvent être standards ou spéciaux, comme les picture-discs, les vinyles de couleur etc. Mais maintenant autour du packaging il y a de vrais efforts qui sont faits pour créer de vrais objets. On a par exemple devant nous un coffret Rolling Stones dans lequel il y a un gros livre avec beaucoup de photos, un beau packaging... Il y a de plus en plus de produits spéciaux, il y a une recherche de créativité de la part des maisons de disques pour valoriser le produit et en faire un vrai objet. C’est vrai que le vinyle s’y prête d’autant plus que c’est un grand format, avec un contact un peu plus personnel qu’avec le CD. »

Pour ce coffret Rolling Stones tout a été fait ici à Loděnice ?

 « Du début à la fin, tout est fait chez GZ puisqu’on a ici le pressage du vinyle et une imprimerie complète qui s’est spécialisée dans les livres à mettre dans les pochettes, de CD ou de disques vinyle. A priori, aucune autre usine de vinyle ne peut faire ces produits en interne. »

On voit aussi des vinyles aux formes originales, j’en vois notamment un en forme de sapin de noël...

 « La production s’est un peu amusée à trouver de nouvelles idées. Maintenant on peut donner les formes qu’on veut – hélice, sapin, coeur...- à condition de laisser un diamètre minimum pour pouvoir mettre la musique dessus. On peut faire des découpes simples ou plus complexes ? »

Comment voyez-vous l’avenir du disque vinyle ?

 « D’une manière générale il y a quand même une crise dans la musique, il y aura moins de volume probablement, mais avec des produits plus complexes, plus jolis et donc plus chers. Je pense que le marché va trouver son positionnement. Les gens qui achètent du vinyle ont un intérêt particulier pour le produit, plus que pour le CD qui est un objet qu’on achète uniquement pour avoir la musique. Le vinyle on l’achète aussi pour avoir l’objet à la maison... »

15-01-2010