Inégalités salariales : les femmes largement sous-payées par rapport aux hommes

Les femmes touchent des salaires inférieurs de 20 % à ceux des hommes et cet écart salarial important ne tend pas à s’améliorer. C’est ce que montre une récente analyse du ministère tchèque du Travail. La République tchèque est à cet égard un des plus mauvais élèves européens puisqu’il s’agit là du deuxième pire écart au sein de l’UE. L’analyse relève également que plus le poste et les qualifications sont importants, plus l’écart salarial se creuse.

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne Selon les auteures de l’analyse du ministère du Travail, le travail des femmes est largement sous-évalué en République tchèque, et ce, pour des « raisons culturelles et en raison des stéréotypes » prévalant au sein de la société tchèque.

L’absence de transparence dans le système de rémunération est également en cause, selon cette analyse, ainsi que le manque de possibilités permettant aux femmes de concilier vie familiale et vie professionnelle. La conséquence de cette situation est que les femmes ont tendance à travailler dans des secteurs moins bien rémunérés.

Les écarts salariaux se comptent en plusieurs centaines de milliers de couronnes par an. Par exemple, les cadres d’organisations politiques ou stratégiques gagnent 45% de plus que leurs collègues féminines au même poste. Cet écart est en moyenne de 51 000 couronnes (près de 2 000 euros) par mois, soit 612 000 couronnes (près de 612 000 euros) par an. Dans le domaine médical, à position égale, un cadre gagne 41% de plus qu’une femme.

Cette analyse, qui se base sur des données statistiques datant de 2015, montre ainsi que plus le poste et les qualifications sont importants, plus l’écart salarial se creuse entre les hommes et les femmes.

Les salaires des femmes sont plus importants que ceux des hommes dans seulement 2% des emplois, même si cette différence se compte davantage en quelques centaines de couronnes qu’en centaines de milliers. C’est le cas pour les serveuses et chefs cuisinières, les conductrices de tramways ou de bus, les juges ou les secouristes.

L’analyse s’inscrit en faux contre l’opinion répandue selon laquelle cet écart serait dû au fait que les hommes travaillent plus d’heures que les femmes. Prenant l’exemple d’un poste de cadre, les auteures montrent que les femmes travaillent en moyenne une heure de plus que les hommes par mois, tout en touchant 27 % de moins en termes de salaire, soit 18 000 couronnes (environ 700 euros) de moins que leurs collègues masculins.