Chronique de l'actualité économique tchèque

22-06-2012

Conjoncture économique :

Photo: stock.xchngPhoto: stock.xchng Le PIB par habitant de la République tchèque progresse. Le pays vient de dépasser le Portugal et se hisse à la dix-huitième position parmi les 27 pays membres de l’Union européenne juste derrière la Grèce selon Eurostat. Le PIB par habitant ne représente toutefois que 80% de la moyenne communautaire. En tête du classement figurent le Luxembourg (274% de la moyenne communautaire), les Pays-Bas (131%) et l’Autriche (129%). Rappelons pour mémoire que la croissance du PIB tchèque est une donnée constante depuis la fin des années 1990. A la suite de la chute du régime socialiste, la transition économique avait démarré avec une chute quasi ininterrompue du PIB jusqu’en 1996 où le taux de croissance du pays est passé au-dessus de la barre des 2%. Durant la décennie 2000, le PIB a progressé de 45%, soit un taux de croissance annuel sur la période de 3,5 %, l’un des plus forts de l’Union européenne. Depuis le début de l’année 2012, le ralentissement de l’économie dans la zone euro notamment en Allemagne, premier débouché de la République tchèque a créé une baisse de l’activité et l’entrée du pays en récession avec un PIB de -0,7%. Le PIB était encore de 3% au début de l’année 2011. Un ralentissement et une entrée en récession provoqués, selon l’analyste Martin Prokop de l’agence Next Finance, par « la baisse de la consommation et l’augmentation de la part de l’épargne chez les ménages ». Cette tendance observable depuis la fin de l’année 2010 est selon Martin Prokop une réponse à « l’augmentation des taxes indirectes et l’importante inflation qui a touché les biens de consommation courante ». Selon les analystes de l’Union européenne, la récession tchèque place le pays à la septième place des pays européens dont la baisse de l’activité est la plus importante.

Matières premières :

Les chercheurs d’or pourraient refaire leur apparition en République tchèque. Le sous-sol du pays est riche en uranium, en charbon, mais également en or et en tungstène, un métal réputé pour sa dureté et utilisé comme électrode ou filament des lampes. L’extraction de l’or est interdite depuis 1994 en République tchèque, mais la hausse du prix des matières premières consécutive à la demande exponentielle des pays émergeants et à la crise économique ont contribué à relancer le débat sur la possibilité de rouvrir les mines d’or et de poursuivre leur exploitation. Le prix du cours de l’or est en effet passé de 350 $ en 2002 à plus 1300 $ l’once en 2012. Un débat a été officiellement ouvert dans le quotidien économique Hospodářské noviny par Pavel Kavina du ministère de l’Industrie et du Commerce. Un débat qui place les associations écologiques et l’opinion publique aux prises avec l’appétit du secteur de l’industrie minière. La République tchèque possède quinze gisements d’or dont 100 tonnes dans le Sud du pays dans les monts de la Šumava. Actuellement, seule l’extraction du charbon et de l’uranium est aujourd’hui autorisée.

Energie Nucléaire :

L’entreprise française Areva, en lice pour l’obtention de l’appel d’offre lancé par la société tchèque énergétique ČEZ pour la construction des troisième et quatrième blocs de réacteurs de la centrale de Temelín, a annoncé ce vendredi vouloir associer 25 entreprises tchèques à la réalisation des travaux. Un mémorandum devrait être signé ce vendredi entre les différentes entreprises tchèques et le géant français du nucléaire. Aux côtés d’Areva, le consortium tchéco-russe Škoda JS, Gidropress et Atomstroïexport ainsi que l'américain Westinghouse souhaitent obtenir ce marché public estimé à plusieurs milliards de couronnes. Le choix d’associer des partenaires tchèques n’est pas inscrit dans l’appel d’offre. Areva espère toutefois que ce choix tactique jouera en sa faveur. La commission d’appel d’offres devrait rendre sa décision au cours de l’année prochaine. La construction des deux nouveaux blocs de réacteurs devrait être achevée au plus tard en 2025.

Dette tchèque :

Au cours du printemps, 15,3 milliards de couronnes d’obligation du trésor tchèque ont été vendues sur le marché. Une information rendue publique par le ministère des Finances. La demande en obligations tchèques a fortement accru, même si de nombreux investisseurs pressentis se sont finalement décidés de ne pas les acheter. L’émission des bons obligataires tchèques est considérée comme un succès et sera renouvelée à l’automne prochain a fait savoir le ministre Miroslav Kalousek (TOP09). Le ministère des Finances a ainsi émis des bons obligataires sur cinq ans et des obligations à revenu fixe sur un an et demi, une option choisie par la majorité des acheteurs. Le ministère a également émis un bon dit « anti-inflation » à taux fixe sur sept ans ; une nouveauté pour laquelle les investisseurs ont eu peu d’intérêt. Selon l’analyste de la Banque de commerce Komerční banka (filiale de la Société générale) le succès rencontré par l’initiative du ministère des Finances est lié au fait que « les obligations de l’Etat tchèque sont considérées comme sûres par les investisseurs et qu’elles représentent désormais une alternative sérieuse de financement ».

Marché de l’emploi :

Alors que le taux de chômage tchèque est l’un des plus bas d’Europe (en baisse à 8,4% mai 2012), de plus en plus d’actifs craignent pour leur emploi. C’est ce qui ressort d’une récente étude réalisée par l’Agence de conseil Randstad. Selon cette enquête, le salaire n’est plus situé au sommet de l’échelle des valeurs les plus importantes des employés. Près de la moitié des personnes interrogées préfère ainsi un salaire réduit à la perte de leur emploi. 47% des sondés sont prêts a accepter une réduction de salaire si celle-ci assure leur emploi. L’enquête sur le rapport des Tchèques au travail est réalisée par Randstad à quatre reprises chaque année. Si le nombre de personnes craignant de perdre leur emploi augmente, le nombre de personnes plaçant l’importance de la qualité de l’environnement social du travail en haut des valeurs les plus importantes dans le choix d’un emploi a fortement progressé. Une analyse issue d’une étude sur la qualité du travail en République tchèque par l’association étudiante AIESEC en partenariat avec l’agence Ipsos Tembor. Leur précédente livraison avait porté sur les entreprises qui attiraient le plus les étudiants. L’an dernier, l’entreprise Google et le groupe énergétique tchèque ČEZ avait remporté respectivement la première et la seconde place du palmarès.

Téléphonie mobile :

La situation de la téléphonie mobile ainsi que le réseau internet haut-débit en dehors des grandes villes du pays restera compliquée. Le prix d’un appel sur le réseau de téléphonie mobile en République tchèque serait en effet l’un des plus chers d’Europe alors que la qualité du réseau qui couvre le territoire tchèque est considérée comme l’un des plus mauvais des pays de l’OCDE. Les investissements réalisés ces dernières années sont les plus faibles au regard de ceux effectués par les opérateurs de téléphonie mobile dans le reste de l’Europe centrale. Les trois opérateurs présents sur le marché tchèque ont pourtant enregistré des bénéfices records. L’Allemand T mobile a par exemple enregistré des marges de plus de 45% ; illustrant l’absence d’une réelle concurrence entre les opérateurs. Attendu par les associations de consommateurs pour faire pression sur les opérateurs du pays, le gendarme tchèque de la communication n’a pas su imposer l’introduction d’un nouvel opérateur pour faire baisser les prix et imposer des investissements et améliorer la qualité du réseau de téléphonie mobile et internet. Une faiblesse imputée principalement aux pressions exercées par les opérateurs présents sur le marché.

22-06-2012