Bamako-sur-Vltava

27-06-2008

Direction le Xe arrondissement de Prague, dans le quartier de Vršovice, pour la visite du magasin de Yé Traoré, l'un des rares commerces à Prague où on peut trouver des produits africains ou destinés aux Africains.

 « Bonjour, je suis Yé Traoré, je viens du Mali et vis à Prague depuis 23 ans. On a ouvert ce magasin il y a un an, et on vient d’en ouvrir un autre à Prague 1, Betlemske naměsti. »

23 ans, ça fait beaucoup, qu’est-ce qui vous a amenée à Prague ?

 « Par hasard, après le bac j’ai eu une bourse pour venir étudier à Prague. Après mes études, c’était une année après la révolution de velours et ça commençait à devenir très intéressant à Prague donc je suis restée. »

L’idée de ce magasin est venue comment ?

 « J’ai un autre business à côté qui n’a rien à voir. Mais avec le temps j’ai vu que les gens à Prague n’étaient pas très informés sur la culture africaine et ça manquait beaucoup. La grande motivation aussi, c’était qu’à chaque fois que j’allais au Mali les amis tchèques étaient intéressés et voulaient toujours que je leur ramène des choses. Alors je me suis dis que ce serait une bonne idée d’ouvrir un magasin comme ça à Prague. »

Ça marche ?

 « Oui, ça marche, même si ça ne fait qu’un an. Nous participons aussi à presque tous les festivals ethno en Tchéquie. On fait aussi de l’événementiel et de la cuisine africaine, on a une société de catering. »

Vous pouvez nous montrer ce que vous vendez ici ?

 « On commence par les textiles africains, fabriqués au Mali. Tout est bariolé, entre style européen et style 100% africain, pour hommes, femmes et enfants. »

Vous allez chercher tout ça vous-même ?

 « Je collabore avec ma famille, je leur envoie la liste de tout ce dont j’ai besoin et ils me l’envoient. J’ai un nouveau partenaire, aussi de ma famille, qui va aussi aller faire les achats là-bas. »

A Bamako ou ailleurs aussi ?

 « Partout dans le pays, il se promène dans toutes les régions du Mali. »

On continue, pour arriver aux bijoux

 « La plupart viennent du Mali et du Burkina Faso, mais aussi d’Ethiopie. Il y a des bracelets, des colliers etc. en cuir, coquillages, peaux, graines… »

Juste à côté on passe aux produits de beauté, je crois que c’est important parce que vous faîtes aussi de la coiffure

 « Oui, on fait de la coiffure africaine, les rastas comme les Tchèques les appellent, les ‘copanky’ et là l’idée m’est venue parce que pour moi, trouver les produits destinés à la peau et aux cheveux africains c’était difficile, je partais jusqu’en France les chercher. Donc j’ai réglé le problème, on a tout ça ici maintenant. Nos clients, pour les tresses, sont surtout des Tchèques, et ils adorent s’acheter ces produits pour entretenir les tresses après. Et les Africains viennent aussi. »

Est-ce qu’il y a de plus en plus d’Africains ici ? On a l’impression de voir un peu plus de gens de couleur qu’avant dans les rues

 « Oui, j’ai cette impression aussi. Je pense que depuis la révolution de velours et jusqu’à aujourd’hui, ça n’a pas cessé de venir de tous les coins, surtout avec l’ouverture des frontières. Il y a beaucoup d’Africains ici maintenant, on les voit partout. Il y a 20 ans quand je suis arrivée, je pouvais passer toute une année sans voir un Africain… »

On poursuit la visite et on arrive déjà aux instruments de musique

 « Alors on a ici beaucoup de tam-tams, les Tchèques aiment beaucoup ça, on en a de toutes sortes. On a aussi des balafons, des koras, des n’gonis du Mali, et des calebasses qui peuvent aussi servir d’instruments de musique. »

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

 « Après ce test, on vient donc d’ouvrir un second magasin dans le centre et on espère pouvoir ouvrir dans quelques mois en dehors de Prague, là où ce sera possible… »

www.acaculture.cz

27-06-2008